"Une communauté de destin UE-Russie"

le 18 mars 2005 à 06h45 , mis à jour le 18 mars 2005 à 22h41

Lors d'une conférence de presse commune à l'Elysée, Chirac, Schröder, Zapatero et Poutine se sont efforcés vendredi soir de parler d'une seule voix sur les grands enjeux internationaux.

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La Russie d'une part, la France, l'Allemagne et l'Espagne d'autre part, ont affiché vendredi à Paris leur bonne entente sur les grands dossiers internationaux, affirmant par ailleurs leur volonté d'aller de l'avant sur leurs "quatre espaces" de coopération dans la perspective du sommet UE-Russie du 10 mai prochain à Moscou. Jacques Chirac, organisateur de la rencontre quadripartite, son homologue russe Vladimir Poutine, le chancelier allemand Gerhard Schröder et le président du conseil espagnol José Luis Rodriguez Zapatero ont appelé de leurs voeux un "grand succès" que constituerait l'adoption, dans moins de deux mois, de "feuilles de route" pour chacun de ces espaces.

Jacques Chirac a évoqué, au nom des trois Européens, la "volonté commune de construire ensemble une communauté de destin Union européenne-Russie". La coopération de ces deux ensembles, a-t-il dit lors d'une conférence de presse conjointe, est "la clé de l'enracinement de la paix, de la démocratie et de l'Etat de droit sur le continent européen". Il a toutefois reconnu que "des efforts d'adaptation seront naturellement nécessaires de part et d'autre pour parvenir" à cet objectif et qu'"il faudra du temps".

Les inquiétudes russes sur l'Ukraine

Les quatre pays ont adopté un texte commun pour exiger "le retrait total" et rapide des troupes et services de sécurité syriens du Liban. Ils ont demandé, dans le même communiqué, l'organisation des élections au Liban "selon le calendrier prévu", c'est-à-dire au printemps, et affirmé que, pour un bon déroulement du scrutin, "il est nécessaire qu'un gouvernement capable d'agir dans l'intérêt de tous les Libanais soit constitué rapidement". La Russie a une influence traditionnellement très importante sur la Syrie. Elle négocie avec Damas actuellement la vente de missiles anti-aériens de courte portée Strelets, malgré les réserves de Washington.

Par ailleurs, Vladimir Poutine, qui était intervenu ouvertement dans la campagne présidentielle en Ukraine, a cherché à rassurer ses homologues en tenant un langage modéré sur ses rapports avec Kiev, mais il a réaffirmé son opposition à des changements de régime "par des voies extra-légales", dans une allusion à la "révolution orange" révélatrice des appréhensions russes après la série de "révolutions" pacifiques et pro-occidentales dans l'ex-URSS.

Dans un autre dossier délicat, celui du nucléaire iranien, les Européens et le Russe ont déclaré d'une seule voix ne voir "aucune contradiction" entre la position de Paris, Berlin et Londres et l'aide russe à l'Iran. Il s'agissait d'un soutien important pour Vladimir Poutine, soumis à la pression de George W. Bush, qui soupçonne les Iraniens de vouloir se munir d'arme nucléaire. "La Russie livre du combustible et le reprend. Ce combustible n'est donc pas traité et n'est pas non plus enrichi et ne peut pas être enrichi en Iran", a expliqué Schröder, appuyé aussitôt par Chirac. Enfin, Poutine a évoqué différents projets de coopération euro-russes en matière d'armements, y compris sur le marché chinois, tout en reconnaissant avec franchise que la levée de l'embargo européen à l'égard de la Chine renforcerait la concurrence pour les armes russes vendues massivement à ce pays.

Photo d'ouverture : la conférence de presse des quatre dirigeants - DR

le 18 mars 2005 à 06:45
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