La Croatie, les négociations et le général

Par F.A., avec AFP, le 15 mars 2005 à 17h33 , mis à jour le 15 mars 2005 à 17h50

Prévue jeudi, l'ouverture officielle des négociations d'adhésion de la Croatie à l'Union européenne devrait être reportée. La Croatie n'a en effet pas remis le général Gotovina, accusé de crimes de guerres au TPI, condition imposée par l'UE.

[Expiré] [Expiré] gotovina © afp

Le général Gotovina, héros en Croatie, est en passe de créer une crise diplomatique avec l'Union européenne. Jeudi 17 mars, le processus d'adhésion de Zagreb à l'UE devait officiellement être ouvert. Or il a désormais toutes les chances d'être reporté. La Croatie n'a en effet pas respecté l'une des conditions posées par Bruxelles : la livraison du général Gotovina, accusé depuis 2001 de crimes de guerre lors de la reconquête de la Krajina aux Serbes en 1995, au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie.

Comme tous les pays souhaitent entrer dans l'UE, la Croatie avait en effet une liste de critères à respecter (droits de l'homme, économie de marché…). Pays issu de l'ex-Yougoslavie, elle devait ainsi montrer son entière coopération avec le TPI. Celui-ci lui avait demandé de répondre à 626 demandes. Zagreb a accédé à 625. La 626e concerne donc l'arrestation puis le transfert du général Gotovina à La Haye siège du TPI. Or, ce dernier est toujours en fuite. Dans sa dernière intervention, le procureur du TPI, Carla Del Ponte, a souligné mardi qu'elle n'avait "noté aucun changement dans l'attitude de la Croatie, qui n'est pas déterminée à arrêter le général Gotovina".

Nouvelle date ?

La Croatie se retrouve désormais devant un dilemme : soit elle ne livre pas Gotovina et les négociations sont donc bloquées, soit elle le livre au dernier moment, mais démontre alors contre son gré qu'elle ne coopérait pas pleinement auparavant avec le TPI.

 De leur côté, les Européens doivent se déterminer sur la teneur du message à adresser. Ils pourraient notamment adopter le "cadre de négociations" proposé par la Commission européenne pour les futurs pourparlers, façon de marquer qu'ils ne remettent pas en cause "la perspective européenne" de Zagreb et de ses voisins des Balkans mais n'entendent pas transiger sur les valeurs. L'UE devra également décider de fixer ou non tout de suite une nouvelle date prévisionnelle pour lancer les négociations, ou si elle laisse ce point en suspens, dans l'attente d'un déblocage de la question Gotovina.

(photo afp-archives : le général Gotovina, en 1999)

Par F.A., avec AFP le 15 mars 2005 à 17:33
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