© TF1La France, l'Allemagne et la Belgique réclamaient une modification de la directive Bolkestein à cor et à cri. Mission réussie. Les dirigeants européens se sont engagés mardi soir à modifier en profondeur le projet de libéralisation des services de la Commission européenne. C'est le Premier ministre suédois Goran Persson qui l'a annoncé à l'issue du dîner qui a clôturé le premier jour du sommet de Bruxelles.
Chercher un "compromis"
Peu après son ouverture, le président Jacques Chirac avait réclamé à nouveau une remise à plat "complète" de la directive, jugeant celle-ci "inacceptable pour la France". Dans l'après-midi, le Premier ministre suédois avait demandé l'abandon du texte. Le président en exercice de l'UE, Jean-Claude Juncker, avait apporté son soutien au couple franco-allemand, principal opposant à la directive sous sa forme actuelle. La Commission européenne juge l'ouverture du marché des services, qui pèse 70% du PIB de l'UE, essentielle pour augmenter le potentiel de croissance et d'emploi en Europe. Le président de la Commission José Manuel Durao Barroso avait réaffirmé mardi sa disposition à rechercher un "compromis" permettant d'apaiser les inquiétudes.
La proposition présentée par l'ancien commissaire européen au Marché intérieur, Frits Bolkestein, ne sera pas retirée, mais amendée en profondeur lors des négociations pour son adoption. Certains secteurs, comme la santé, seront exclus et des précautions seront prises pour que l'ouverture à la concurrence ne soit pas accompagnée de "dumping social".
Pré-campagne enflammée
Un nivellement par le bas du "modèle social européen" redouté dans certains pays tels la France, l'Allemagne, la Belgique, la Suède ou encore le Danemark. Dans l'Hexagone, la polémique a enflammé la pré-campagne pour le référendum du 29 mai sur la ratification de la Constitution européenne, où les derniers sondages donnent le "non" vainqueur.
La réforme du pacte de stabilité a, par ailleurs, été officiellement entérinée peu après l'ouverture du sommet par les chefs d'Etat et de gouvernement. Jacques Chirac a salué le pacte réformé comme étant "plus réaliste, plus pertinent et plus souple".
(Bruxelles, mardi soir/DR)
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