Les frictions du dialogue Paris-Tokyo

le 27 mars 2005 à 16h52 , mis à jour le 27 mars 2005 à 17h17

Le deuxième jour de la visite officielle de Jacques Chirac au Japon a été l'occasion pour le chef de l'Etat d'aborder des thèmes plus politiques avec le Premier ministre japonais. Deux sujets difficiles au menu : la levée de l'embargo européen sur les ventes d'armes à la Chine et Iter.

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Jacques Chirac et Junichiro Koizumi sont restés dimanche sur leurs positions quant aux deux dossiers controversés qui opposent Paris à Tokyo, la levée de l'embargo européen sur les livraisons d'armes à la Chine et le site du futur réacteur expérimental de fusion nucléaire Iter. Le président français, qui effectue depuis samedi une visite officielle de trois jours au Japon, a eu dimanche soir ses premiers entretiens politiques à Tokyo en rencontrant pendant plus d'une heure le chef du gouvernement nippon.

Les deux dirigeants ont assuré, lors d'une conférence de presse commune, que les relations franco-japonaises étaient "excellentes", bénéficiant notamment de la très bonne image au Japon du président Chirac, qui voue une passion ancienne à ce pays. Cela n'a toutefois pas suffi à surmonter les contentieux entre la France, et plus largement l'Union européenne, et le Japon. Jacques Chirac, principal avocat de la levée de l'embargo européen, a essayé de rassurer le Japon mais a jugé que cette mesure était "légitimement revendiquée par la Chine" car, selon lui, les conditions ont changé depuis 1989, date à laquelle l'embargo avait été imposé à la Chine après la répression sanglante du mouvement pro-démocratique à Pékin.

Le président français a en particulier fait valoir que la décision de l'UE "n'était pas de nature à changer les exportations d'armes ou de technologies sensibles vers la Chine" car celles-ci "sont soumises, d'ores et déjà en Europe, à des contraintes et des règles qui ne peuvent pas être enfreintes". Cette argumentation n'a, semble-t-il, pas convaincu le Premier ministre japonais. Il a en effet réitéré les inquiétudes du Japon, qui s'oppose avec les Etats-Unis à la levée de l'embargo par crainte d'un déséquilibre des forces en faveur de la Chine dans la région.

Iter : le Japon n'a "nullement l'intention de renoncer"

Sur Iter, Junichiro Koizumi a également assuré que le Japon n'avait "nullement l'intention de renoncer" au site nippon de Rokkasho-mura. "Nous sommes convenus de poursuivre nos pourparlers en la matière pour parvenir à une solution qui soit acceptable pour nos deux parties". Les dirigeants de l'UE ont décidé, le 23 mars à Bruxelles, de commencer la construction d'Iter sur le site de Cadarache d'ici la fin 2005 et ont donné jusqu'au mois de juillet au Japon pour trouver un compromis. L'UE est soutenue par la Russie et la Chine alors que le Japon a l'appui des Etats-Unis et de la Corée du sud.

Auparavant, Jacques Chirac avait visité dans la matinée l'Exposition universelle Aïchi 2005, qui vient de s'ouvrir près de Nagoya sur le thème du développement durable, un thème cher au président français. "Le développement durable est probablement l'un des problèmes les plus obsédants de notre siècle", a déclaré le président français après avoir visité les pavillons japonais et français. "Ce siècle est certainement le dernier à pouvoir soit réagir, soit se laisser aller avec toutes les conséquences que cela peut comporter", a-t-il ajouté.

Photo d'ouverture : la rencontre entre Jacques Chirac et Junichiro Koizumi - DR

le 27 mars 2005 à 16:52
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