© INTERNEC'est une première. Le mouvement islamiste radical Hamas a annoncé samedi qu'il allait participer aux élections législatives dans les territoires palestiniens, lors du scrutin prévu pour le 17 juillet. Mohammad Ghazal, l'un des chefs du mouvement, à Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie a souligné que cette décision avait été prise "par la direction du Hamas intérieur et extérieur". Le but de cette participation ? "Renforcer l'unité palestinienne à ce moment critique, ainsi que les institutions palestiniennes, et de promouvoir une réforme nationale globale", souligne le communiqué du Hamas.
"Pas positif"
Principale force d'opposition palestinienne, le Hamas avait boycotté les premières élections au Conseil législatif palestinien en 1996. Il avait également refusé de présenter des candidats à la présidentielle de 1996, qui avait vu la victoire de Yasser Arafat ainsi qu'à celle du 9 janvier dernier remporté par Mahmoud Abbas.
Ce dernier s'est félicité samedi de la décision, jugeant qu'elle constituait "un pas positif qui contribue à la participation de l'ensemble des Palestiniens à la vie politique". Un responsable israélien s'est pour sa part montré prudent. "Ce n'est pas une garantie que cette organisation va renoncer au terrorisme. Le Hezbollah est lui aussi intégré au système politique libanais, ce qui ne l'empêche de conserver un bras armé", a affirmé ce responsable qui a requis l'anonymat.
Pour justifier son refus de prendre part aux élections dans le passé, le Hamas affirmait qu'il entendait ainsi protester contre la conclusion d'accords avec Israël alors qu'il ne reconnaît pas le droit à l'existence de l'Etat hébreu et prône l'avènement d'un Etat islamique "de la mer (Méditerranée) au Jourdain", c'est-à-dire sur toute la Palestine du mandat britannique.
Réunion interpalestinienne au Caire
Le Hamas a toutefois pris part, pour la première fois, en décembre et en janvier à des élections municipales partielles en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, qui lui ont permis de remporter une victoire face au Fatah, le mouvement de Mahmoud Abbas.
Par ailleurs, cheikh Hassan Youssef, un dirigeant politique du Hamas en Cisjordanie, a renoncé à se rendre au Caire le 15 mars pour une importante réunion interpalestinienne. Pour sa part, le délégué de l'autre grand mouvement islamiste radical Jihad islamique, s'est vu refuser par Israël l'autorisation de se rendre à cette réunion interpalestinienne, selon cette formation.
Le Jihad islamique a revendiqué l'attentat suicide du 25 février à Tel-Aviv qui avait tué cinq civils israéliens. A la suite de cet attentat, le ministre israélien de la Défense avait annoncé qu'Israël reprendrait ses actions offensives contre le mouvement et interdirait à ses représentants de se rendre au Caire pour cette réunion où doit être discutée une prolongation de la trêve des attaques anti-israéliennes.
(Image : Le logo du Hamas/DR)
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