L'hommage de l'Italie à son héros

le 07 mars 2005 à 11h20 , mis à jour le 07 mars 2005 à 17h41

Les obsèques nationales de Nicola Calipari, le responsable des services secrets tué vendredi en Irak par des tirs américains alors qu'il protégeait la journaliste Giuliana Sgrena, ont eu lieu ce lundi en la basilique de Sainte Marie des Anges de Rome. Le président italien a présidé la cérémonie.

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L'Italie a dit adieu à son agent tué par des tirs américains alors qu'il rapatriait l'ex-otage et journaliste italienne, Giuliana Sgrena, après sa libération vendredi à Bagdad.  Les obsèques émouvantes ont eu lieu en la basilique Sainte Marie des Anges, au coeur de Rome, en présence d'une immense foule massée aux alentours et dans l'église pleine à craquer.

Le catafalque, porté par six militaires représentant toutes les armes, est passé entre une haie de soldats tandis que retentissait la sonnerie aux morts, avant d'être porté à l'intérieur de l'église L'épouse et les deux enfants de l'agent des services secrets étaient installés au premier rang ainsi que les plus hautes autorités de l'Etat dont le président de la République Carlo Azeglio Ciampi et le président du Conseil, Silvio Berlusconi.

Le cortège funéraire, formé d'une dizaine de voitures, avait quitté un peu plus tôt l'Autel de la Patrie où avait été dressée dimanche une chapelle ardente. Il a parcouru au pas le kilomètre séparant ce monument de la basilique. Tout au long du parcours la foule massée sur les trottoirs a applaudi le corbillard tansportant le cercueil de Nicola Calipari.

Berlusconi au Sénat mercredi

Concernant les circonstances du drame, La Stampa, affirme lundi que les membres de la CIA, étaient informés de la mission de Nicola Calipari à Bagdad, et se demande : "comment se fait-il alors que les militaires américains de la patrouille n'étaient pas au courant ?"

Le vice-Premier ministre et chef de la diplomatie, Gianfranco Fini, doit se présenter mardi devant les députés tandis que Silvio Berlusconi doit rendre compte mercredi devant le Sénat de cette affaire. "Toute l'Italie demande aux Etats-Unis de rendre compte de ce qui s'est passé. Elle exige, et je souligne ce verbe, des réponses claires et ne se contentera pas de réponses vagues et de circonstance", a déjà déclaré Marco Follini, le second vice-Premier ministre du gouvernement Berlusconi, dans une interview lundi au Messaggero.  Lundi, la Maison Blanche a souligné que parler d'une attaque délibérée était "absurde".

Giuliana Sgrena : "les Américains ne voulaient pas d'un accord"

"Les gens qui m'ont kidnappée me disaient qu'ils avaient un accord, qu'ils allaient me remettre aux autorités italiennes, mais que les Américains ne le voulaient pas", affirme Giuliana Sgrena dans un entretien paru lundi dans l'Humanité.   "Je l'ai alors pris pour de l'hypocrisie. Mais les autres otages qui ont été libérés auparavant ont confirmé cela hier", a ajouté la journaliste italienne citant l'une des deux travailleuses humanitaires italiennes détenues en 2004, qui lui a affirmé avoir "eu peur au moment d'être libérée parce que les Américains ont une autre politique vis-à-vis des otages".

A moins d'un kilomètre de l'aéroport, la voiture qui transportait Giuliana Sgrena et qui, selon elle, "ne roulait pas vite", a été la cible d'une fusillade de la part de soldats américains qui ont tué le responsable des services secrets italiens Nicola Calipari. Quelle que soit l'explication de la fusillade, "les responsabilités américaines sont très graves", a-t-elle conclu.

(Image : la cérémonie/ DR)

le 07 mars 2005 à 11:20
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