
Deux ans après, les oppositions restent aussi vives. Deux ans après, George W. Bush continue à justifier l'intervention en Irak. Le président américain a défendu samedi sa décision de donner l'ordre d'attaquer ce pays en 2003, à la veille du deuxième anniversaire de l'intervention américaine. "Parce que nous avons agi, a affirmé George W. Bush à la radio, le gouvernement irakien n'est plus une menace pour le monde ni pour son propre peuple. Aujourd'hui, le peuple irakien prend en charge sa propre destinée".
Deux ans après, les opposants sont toujours là, un peu partout dans le monde. Sur le continent américain tout d'abord : à New York, plusieurs milliers de personnes ont participé samedi à une manifestation et des actions de désobéissance civile contre la guerre en Irak, donnant lieu à une vingtaine d'arrestations à Times Square. D'autres manifestants, certains venus de Floride ou du Minnesota, ont marché de Harlem à Central Park, munis de panneaux demandant "le départ des troupes maintenant". Parmi les intervenants, d'anciens combattants en Irak, des mères de soldats, la chanteuse Patti Smith aussi, pour qui "il faut tout mettre de côté pour construire un mouvement anti-guerre uni". Des dizaines d'actions, du spectacle à la veillée aux chandelles, sont prévues ce week-end à travers les Etats-Unis. Au Canada, à Montréal, quelques milliers de personnes ont aussi manifesté, à l'appel du collectif "Echec à la guerre".
D'Athènes à Ankara, de Stockholm à Tokyo
En Europe, où le conflit irakien, déclenché le 20 mars 2003, avait été marqué par une grave division entre les pays partisans de la paix et ceux participant à la guerre, des manifestations ont aussi eu lieu samedi. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Londres pour protester contre la guerre en Irak et réclamer le retrait des troupes britanniques. Les organisateurs ont fait état de la présence de 100.000 personnes. La police a estimé la participation à 45.000. Les manifestants brandissaient des banderoles avec des photos du président Bush, sur lesquelles ont pouvait lire "le terroriste numéro un dans le monde". Ils ont déposé un cercueil sur lequel était inscrit "100.000 morts" devant l'ambassade des Etats-Unis. La revue scientifique The Lancet avait en effet publié une étude en octobre selon laquelle 100.000 civils irakiens sont morts depuis le début de la guerre.
Plusieurs milliers de personnes ont encore défilé à Rome et les forces de police sont intervenues pour bloquer plusieurs petits groupes cherchant à manifester devant les bureaux du chef du gouvernement Silvio Berlusconi, à qui ils réclament le retour immédiat d'Irak du contingent italien. "70% des Italiens sont contre la présence militaire italienne en Irak", proclamait une banderole, alors que Silvio Berlusconi a été contraint le 17 mars de faire volte-face, sous la pression de Washington, après avoir annoncé son intention de faire rentrer progressivement les militaire italiens à partir de septembre.
En Turquie, plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Ankara, Istanbul et Adana, où sont situées des missions diplomatiques américaines, dénonçant l'"occupation" de l'Irak. Quelque 5.000 personnes, selon les organisateurs, 2.000 selon la police, ont manifesté à Athènes pour marquer le deuxième anniversaire de l'intervention armée américaine et britannique et réclamer la fin de "l'occupation" de l'Irak. A Salonique, dans le nord, plusieurs centaines de personnes ont également protesté contre "l'occupation de l'Irak par les troupes étrangères". En Suède, entre 500 et 1.000 personnes ont manifesté à Stockholm. Au Japon enfin, plusieurs milliers de personnes sont descendues pour clamer leur refus de la guerre dans les rues de Tokyo.
Photo d'ouverture : manifestation contre la guerre à Londres, ce samedi - DR
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