L'Italie annonce son retrait d'Irak

le 16 mars 2005 à 07h58 , mis à jour le 16 mars 2005 à 13h00

Cédant à l'opinion publique, Silvio Berlusconi annonce le retrait progressif de ses troupes d'Irak à partir de septembre. Une décision prise en accord avec les autres membres de la coalition. Depuis leur déploiement en juin 2003 au sud de l'Irak, 22 militaires Italiens ont trouvé la mort.

soldats italiens

"Dès septembre, nous commencerons à réduire progressivement le nombre de nos soldats (ndlr : présents en Irak) car notre opinion publique le demande", a annoncé mardi soir le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, sur la première chaîne de la Rai, le service public audiovisuel. "J'en ai parlé avec Tony Blair (le Premier ministre britannique) car nos opinions publiques attendent cette décision", a-t-il précisé. Il a toutefois assuré que "le retrait de nos troupes dépendra de la capacité du gouvernement irakien à se doter de structures de sécurité acceptables". Berlusconi et sa coalition de droite ont soutenu politiquement l'intervention militaire américaine en Irak malgré sa condamnation par le pape Jean Paul II, et ont envoyé dans ce pays 3.000 militaires en juin 2003 pour une "mission de paix" malgré l'opposition d'une grande partie des Italiens.

Le contingent italien est pour l’heure toujours déployé sous commandement britannique dans la région de Nassiriyah (sud). Il a été la cible de nombreuses attaques. 17 militaires et 2 civils italiens ont été tués en novembre 2003 dans un attentat au camion, et 5 autres soldats ont trouvé la mort lors d'affrontements armés ou dans des accidents. Le dernier en date est survenu mardi avec le décès d’un caporal lors d’un exercice de tir. Neuf ressortissants italiens ont par ailleurs été pris en otages et trois ont été exécutés par leurs ravisseurs qui réclamaient le retrait des Italiens. Silvio Berlusconi n'a jamais cédé. Mais l'épilogue de la dernière prise d'otage, le 4 mars, avec la mort d'un agent des services secrets, Nicola Calipari, tué par des tirs américains près de l'aéroport de Bagdad pendant l'exfiltration de la journaliste Giuliana Sgrena, a profondément bouleversé l'opinion publique italienne. L'annonce du retrait progressif des soldats italiens est tombée quelques minutes après le vote par le Parlement italien de la prolongation de leur mission pour six mois, jusqu'à fin septembre. Tous les partis de la coalition gouvernementale ont voté pour et toute l'opposition a voté contre.

Les Etats-Unis ont minimisé l'importance de l'annonce par Rome d'un retrait progressif de son contingent d'Irak, en indiquant qu'il n'y avait pas de lien entre cette annonce et l'affaire de l'agent des services secrets italiens Nicola Calipari. "Nous apprécions certainement la contribution des Italiens. Ils ont servi et se sont sacrifiés avec des Irakiens et avec d'autres forces de la coalition", a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche Scott McClellan. Du côté du Royaume-Uni, on va jusqu'à mettre en doute la teneur des propos du chef du gouvernement italien. "Ce qui est clair, c'est que les remarques du Premier ministre Berlusconi ont été mal interprétées", a déclaré mercredi le porte-parole de Downing Street.

Coût humain "inacceptable"

Près de deux ans après le lancement de la guerre en Irak, les Américains sont 70% à estimer que le coût en vies humaines américaines est "inacceptable" et ils sont nombreux à s'opposer à un conflit armé avec l'Iran ou la Corée du Nord, selon une enquête réalisée par la chaîne de télévision ABC et le quotidien Washington Post. Si en mars 2003, les Américains étaient 70% à juger que la guerre était justifiée, ils ne sont plus que 45% à le penser aujourd'hui. Le renversement de tendance est lié à la mort de plus de 1.500 soldats américains en deux ans.

le 16 mars 2005 à 07:58
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