Ils étaient ce lundi plus de 800.000 anti-syriens, venus de tous le pays, à manifester dans les rues de Beyrouth. © DRCe serait le plus grand rassemblement jamais organisé à Beyrouth. Près d'un million de personnes –1,5 millions pour certains médias- ont manifesté lundi dans la capitale libanais pour réclamer la vérité sur la mort de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, assassiné il y a un mois jour pour jour. Second mot d'ordre de cette manifestation appelée par l'opposition : réclamer le départ du chef de l'Etat libanais pro-syrien Emile Lahoud et de ses chefs de sécurité considérés comme les instruments d'une pérennisation de la tutelle syrienne, en dépit du retrait militaire syrien en cours.
"Syrie dehors"
Pour la cause, les Libanais sont venus de tout le pays : des zones chiites, sunnites chrétiennes et druzes, et pour la première fois en presque 30 ans de mainmise militaire syrienne de la Békaa d'où sont partis quelque 200.000 habitants. Des embouteillages monstres ont été signalés aux entrées de Beyrouth. Scandant des "Syrie dehors" et "souveraineté, liberté, indépendance" et couverte de drapeaux libanais, la foule, véritable marée humaine, a convergé vers la place des Martyrs, tout près de la tombe de Rafic Hariri où était organisée une cérémonie à sa mémoire.
Plusieurs dizaines d'orateurs, députés et personnalités, se sont succédé à la tribune, insistant sur l'unité pour un Liban "libre, souverain et indépendant". Le député libanais Marwan Hamadé a accusé les services de renseignement libano-syriens de dissimuler la vérité sur l'assassinat de Rafic Hariri : "Vous voulez la vérité sur cet assassinat ? Elle croupit dans les chambres obscures des services de renseignement qui nous gouvernent et que vous êtes en train de balayer", a-t-il lancé. "Ils ont tué Abou Baha (surnom de Hariri) car il gênait leur plan de soumission du Liban. Ils l'ont tué parce qu'ils sont les ennemis de la démocratie et de l'arabité", a ajouté le député.
Des centaines de pancartes anti-Lahoud ont alors été hissées par les manifestants. "Lahoud quitte avec eux (les Syriens)", lisait-on sur l'une d'elle. Des lâchers de colombes et de milliers de ballons blancs et bleus, symbole de la vérité, ponctuaient les discours et les chants patriotiques.
Elections en mai
Les chefs de file de ce rassemblement de l'opposition espéraient avec cette manifestation contrecarrer l'impression de force donnée par le Hezbollah. Le principal mouvement libanais, a réuni plusieurs centaines de milliers de personnes en deux occasions la semaine dernière. Soutenue par l'Iran et la Syrie, la seule organisation politique autorisée à conserver ses armes après la fin de la guerre civile (1975-1990), bénéficie d'une très forte popularité au Liban pour avoir obtenu après des années de lutte le départ des forces israéliennes du Sud-Liban, au printemps 2000.
Ce week-end, l'émissaire des Nations unies, Terje Roed-Larsen, a obtenu l'engagement du président syrien Bachar Assad de retirer tous ses militaires et agents secrets du Liban conformément à la résolution 1559 adoptée en septembre dernier par le Conseil de sécurité des Nations unies. L'émissaire onusien s'est également mis d'accord avec le président libanais Emile Lahoud sur la nécessité de maintenir en mai les élections.
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