Giuliana Sgrena, journaliste italienne enlevée en Irak © LCIA peine sortie d'une captivité d'un mois, la journaliste italienne Giuliana Sgrena a été blessée vendredi peu après sa libération par des tirs contre le convoi qui la conduisait à l'aéroport de Bagdad. Un blindé américain a ouvert le feu sur les Italiens qui s'approchaient d'un barrage. La journaliste a été blessée à l'épaule et transportée dans un hôpital américain. Le chef des services spéciaux italiens à Bagdad a quant à lui été mortellement touché. L'armée américaine a reconnu vendredi soir la bavure des "forces de la coalition", tout en indiquant que les événements n'étaient "pas clairs".
Un heure et demie auparavant, la chaîne de télévision Al-Jazira annonçait la libération à Bagdad de la journaliste, retenue en otage en Irak depuis un mois exactement. Une information confirmée dans la foulée par Il Manifesto et le président italien Carlo Azeglio Ciampi. L'ex-otage était attendue à Rome dans la soirée, selon la sous-secrétaire d'Etat italienne aux Affaires étrangères, Margherita Boniver.
"Nous y avons toujours cru"
Avant d'apprendre l'attaque contre le convoi, la joie était de mise en Italie. C'est "le splendide résultat" d'une "synergie institutionnelle", soulignait le ministre italien des Affaires étrangères, Gianfranco Fini.
"Nous sommes très contents, nous y avons toujours cru", avait commenté le frère de l'envoyée spéciale d'Il Manifesto, Ivan, qui disait rester très prudent jusqu'à l'arrivée de sa sœur en Italie. "C'est une journée exceptionnelle", s'était réjoui le père de Giuliana, Franco Sgrena.
A Falloujah
La journaliste avait été enlevée alors qu'elle préparait un reportage sur des réfugiés de Falloujah. Les dernières images la montrant étaient celles d'une cassette vidéo diffusée le 16 février dernier. Giuliana Sgrena, en pleurs, y réclamait le retrait des troupes étrangères, en particulier des Italiens envoyés par le gouvernement Berlusconi. En août, un autre journaliste italien, Enzo Baldoni, avait été enlevé et exécuté par ses ravisseurs.
Une manifestation, organisée par le quotidien, avait rassemblé 500 000 personnes le 19 février dans la capitale italienne. Les manifestants avaient également demandé la libération de la journaliste française du quotidien Libération Florence Aubenas, enlevée à Bagdad le 5 janvier avec son guide irakien Hussein Hanoun al-Saadi.
(Image d'archive : Giuliana Sgrena)
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