© INTERNELes autorités russes ont annoncé mardi que le président indépendantiste tchétchène Aslan Maskhadov, principal obstacle à la mise au pas de la Tchétchénie, avait été éliminé après cinq ans de traque, une grande victoire pour Moscou mais qui risque de radicaliser plus encore la lutte séparatiste. Le chef des services secrets russes (FSB), Nikolaï Patrouchev, a annoncé "l'élimination" du dirigeant indépendantiste au président Vladimir Poutine devant les caméras de la télévision russe.
"Une opération a été menée aujourd'hui par les forces spéciales du FSB en Tchétchénie dans le village de Tolstoï-Iourt, au cours de laquelle a été tué le terroriste international et chef de bandes armées Maskhadov, et ont été arrêtés ses complices les plus proches", a indiqué Nikolaï Patrouchev au président russe. "Il y a là-bas encore beaucoup de travail. Il nous faut redoubler d'efforts pour protéger la population de la république (tchétchène) et de toute la Russie contre les bandits", a déclaré pour sa part Vladimir Poutine. A l'appui de ces déclarations, la chaîne de télévision NTV a montré un cadavre dont le visage ressemblait beaucoup à celui de Maskhadov, et identifié comme tel par un de ses proches compagnons d'armes.
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| Les images du corps d'Aslan Maskhadov montrées par une TV russe |
Maskhadov, "un facteur de retenue en Tchétchénie"
L'annonce de la mort de Maskhadov a été aussitôt saluée par les dirigeants pro-russes de la république tchétchène. "Je peux aujourd'hui dire avec certitude qu'avec la disparition de Maskhadov la république va retrouver une vie normale", a dit Taous Djabraïlov, le président du Conseil d'Etat tchétchène pro-russe. Une perspective démentie par l'émissaire indépendantiste Akhmed Zakaïev. "La résistance va continuer, il n'y a aucun doute là-dessus (...), à la place de Maskhadov viendra quelqu'un d'autre. Car la crise (entre la Tchétchénie et la Russie) a une longue histoire", a-t-il dit, interrogé au téléphone à Londres. Il a souligné qu'Aslan Maskhadov, 53 ans, qui servait dans l'armée soviétique avec le grade de colonel avant la chute du régime soviétique en 1991 et la déclaration d'indépendance de la Tchétchénie, et avait une réputation de modéré, "était un facteur de retenue en Tchétchénie". "Il tentait d'éviter une escalade du conflit, d'éviter qu'il ne s'étende à tout le Caucase du Nord", et la situation risque désormais "de devenir ingérable", a-t-il insisté.
Aslan Maskhadov avait notamment régulièrement désavoué les actes terroristes touchant des civils russes, comme les prises d'otages de la Doubrovka (Moscou, octobre 2002) et de Beslan (Caucase russe, septembre 2004), revendiqués par le dirigeant radical Chamil Bassaïev. Mais Moscou a toujours refusé de faire la distinction entre les dirigeants séparatistes, qualifiant Maskhadov de "terroriste", et refusant toute négociation malgré les appels de la communauté internationale et des défenseurs russes des droits de l'homme.
Photo d'ouverture : Aslan Maskhadov - archives
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