Pékin menace les vues indépendantistes de Taipeh

le 14 mars 2005 à 08h53 , mis à jour le 14 mars 2005 à 09h23

Le parlement chinois a adopté lundi à l'unanimité une loi anti-sécession prévoyant le recours à la force si Taïwan déclare son indépendance.

hu jintao © INTERNE

L'Assemblée nationale populaire chinoise a adopté lundi à l'unanimité moins deux abstentions une loi anti-sécession autorisant l'emploi de la force militaire contre Taïwan si l'île-Etat tentait d'obtenir formellement son indépendance.

Le texte a été défendu par le Premier ministre Wen Jiabao qui a déclaré qu'il ne s'agissait en rien d'une "loi guerrière" mais, au contraire, d'un document visant "à renforcer et à promouvoir les relations de part et d'autre du détroit de Taïwan". Le président chinois Hu Jintao a ensuite signé un décret rendant la loi immédiatement effective.

Menaces

Cette nouvelle loi prévoit trois conditions dans lesquelles "l'Etat devra protéger la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale par des moyens non pacifiques". Ces conditions seront remplies "si les forces séparatistes de Taïwan provoquent, sous quelque nom ou par quelque moyen que ce soit, une sécession de Taïwan vis-à-vis de la Chine, si un évènement majeur crée une séparation ou si les conditions d'une unification pacifique disparaissent complètement".

Le gouvernement taïwanais a vivement condamné lundi cette loi anti-sécessionniste adoptée par le parlement chinois. "La législation équivaut à autoriser la guerre car son essence est de permettre l'adoption de moyens 'non pacifiques' contre l'île en cas de nécessité", a déclaré le porte-parole du gouvernement.

L'opposition américaine

En adoptant ce nouveau texte, les députés chinois n'ont pas tenu compte des mises en garde, dimanche, de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice qui avait déclaré que la loi anti-sécession "soulevait clairement des tensions". La chef de la diplomatie américaine aura tout le loisir de renouveler ses critiques à l'égard des responsables chinois lors de sa visite à Pékin, les 20 et 21 mars prochains.

Taïwan, qui compte 23 millions d'habitants, jouit d'une indépendance de facto sous le nom de "République de Chine" depuis la fin de la guerre civile entre communistes et nationalistes chinois en 1949. Mais Pékin cherche à prévenir toute tentation par les séparatistes taïwanais de créer un Etat distinct de la Chine. La loi prévoit un "large degré d'autonomie" pour Taïwan après une réunification pacifique.

Photo archives : le président chinois Hu Jintao. 

le 14 mars 2005 à 08:53
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