
Les services secrets italiens ne partagent pas la thèse du guet-apens, véhiculée par le compagnon de Giuliana Sgrena, pour expliquer les tirs qui ont plu sur la voiture de la journaliste et de ses accompagnateurs, vendredi soir aux abords de l'aéroport de Bagdad., peu après la libération de l'otage italienne. Un membre des services secrets a été tué.
"Si les Américains avaient eu un motif pour tuer la journaliste, ils auraient fait faire ce sale travail à des Irakiens soudoyés plutôt que de tenter de la faire tomber sous des 'tirs amis' sans y réussir", écrit Il Messaggero, citant des sources du renseignement italien. "Les Américains n'auraient jamais tué volontairement un agent des services spéciaux italiens mettant ainsi à risques la collaboration entre les services américains et italiens", ajoute le quotidien.
Décoration posthume
Le compagnon de la journaliste, retenue en otage un mois à Bagdad, a déclaré samedi que Giuliana Sgrena était tombée dans un guet-apens et que ses ravisseurs l'avaient mise en garde, avant sa libération, que les Américains voulaient la tuer par crainte des informations qu'elle avait recueillies en Irak, notamment sur les fugitifs de Falloujah.
Même s'il ne reste que la thèse de la bavure, l'opinion publique italienne ne semble pas prête à tourner la page sans explications détaillées de Washington. Les Américains ont assuré diligenter une enquête sur l'incident. Samedi soir, le chef de l'Etat italien, Carlo Azeglio Ciampi, a salué à Rome la dépouille de Nicola Calipari, considéré en héros dans sa patrie.Décoré à titre posthume de la médaille d'or du courage, Calipari aura des funérailles nationales.
(Image : le président Ciampi devant le cercueil de Calipari)
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