La Syrie promet son retrait avant mai

Par AFP, le 30 mars 2005 à 08h41 , mis à jour le 30 mars 2005 à 08h48

Le ministre syrien des Affaires étrangères a déclaré hier aux Nations unies que Damas retirerait toutes ses forces du Liban avant les élections prévues en mai dans ce pays. La lettre relève que la coopération entre la Syrie et le Liban a déjà permis à Damas de réduire ses forces à 10.000 hommes.

Liban soldats syriens © DR

Après des années de contrôle de la Syrie sur son petit voisin, le chef de la diplomatie syrienne a annoncé mardi que son pays allait retirer toutes ses troupes du Liban avant les élections libanaises de mai. Farouk al-Shara a fait cette annonce dans une lettre au secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan. Dans son message, il relève que la coopération entre la Syrie et le Liban a déjà permis à Damas de réduire ses forces à 10.000 hommes et évoque "le retrait complet de ces troupes avant les élections à venir au Liban".

La lettre arrive après la publication la semaine dernière d'un rapport d'une commission d'investigation de l'Onu montrant du doigt la Syrie après l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais. Rafic Hariri a été tué le 14 février dans un attentat à l'explosif au coeur de Beyrouth, qui a coûté la vie à au moins 19 personnes. Il avait quitté la tête du gouvernement quelques mois avant, en geste de protestation devant la domination politique syrienne sur son pays.

Le Conseil de sécurité de l'Onu avait voté en septembre 2004 une résolution exigeant le retrait entier des forces syriennes, entrées au Liban au cours de la guerre civile libanaise de 1975-1990, ainsi que le désarmement des milices. Après l'assassinat, les pressions internationales, menées par les Etats-Unis et la France notamment, se sont accentuées sur Damas, et le président syrien Bachar al-Assad a promis de s'y conformer. Un retrait partiel a déjà été effectué.

"La guerre civile, qui a duré de nombreuses années, couplée avec une occupation israélienne de larges parties du Liban-Sud, nécessitait une coopération militaire et en matière de sécurité approfondie entre la Syrie et le Liban," explique M. al-Shara dans sa lettre à M. Annan, assurant que cette coopération visait à maintenir la paix au Liban. L'ambassadeur syrien à l'Onu, Faycal Mekdad, a redit mardi soir l'engagement de son pays au retrait.

Le rapport qui accuse

Dans son rapport, la commission d'enquête de l'Onu sur la mort de Rafic Hariri, missionnée par Kofi Annan et dirigée par le policier irlandais Peter Fitzgerald, accuse la Syrie d'être responsable de la tension au Liban avant le meurtre, sans toutefois désigner l'auteur de l'assassinat. "Le gouvernement syrien porte la principale responsabilité de la tension politique qui régnait (au Liban) avant l'assassinat", dit la commission. Il "exerçait une influence qui allait au-delà de l'exercice raisonnable de relations de coopération et de voisinage", poursuit-elle.

Mardi le ministre syrien des Affaires étrangères a au contraire fait porter la responsabilité de la tension à la résolution de l'Onu, soulignant les bons rapports entre Damas et M. Hariri. Il a en particulier démenti les accusations de la mission selon lesquelles Bachar al-Assad aurait menacé physiquement M. Hariri, ainsi que le leader druze Walid Joumblatt. Dans sa lettre, Farouk al-Shara demande que la référence à M. al-Assad soit retirée. Selon lui, les affirmations évoquant "un présumé dialogue inapproprié" entre al-Assad et Hariri sont "très étranges".

Par AFP le 30 mars 2005 à 08:41
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