© INTERNELes 14.000 soldats syriens toujours déployés au Liban vont bientôt rentrer chez eux. Cela se fera "dans les prochains mois" annonce mercredi Bachar al-Assad dans une interview au magazine Time. "Je n'ai pas eu de réunion avec l'armée, précise le président syrien. Ils peuvent dire que cela prendra six mois. Vous avez besoin de vous préparer quand vous ramenez l'armée dans votre pays. Vous avez besoin de savoir où vous allez redéployer les troupes". Au plus fort de la présence militaire syrienne, il y avait 40.000 soldats déployés au Liban. Depuis cinq ans, la Syrie a procédé à plusieurs redéploiements et retraits de ses troupes au Liban.
M. Assad déclare au Time que Damas discuterait des détails du retrait syrien avec l'envoyé spécial de l'Onu Terji Roed-Larsen, qui doit se rendre dans la région en mars. M. Roed-Larsen est l'émissaire du secrétaire général de l'Onu Kofi Annan chargé de l'application de la résolution 1559 qui appelle implicitement Damas à un retrait militaire du Liban.
Des engagements pour l'instant considérés avec méfiance par l'opposition libanaise. Elle a exigé mercredi une déclaration présidentielle syrienne officielle sur le retrait des troupes de Damas. Même scepticisme aux Etats-Unis : "le résultat est toujours moindre entre ce qu'ils disent et ce qu'ils font", a indiqué un haut responsable du département d'Etat faisant référence aux précédents engagements non tenus des Syriens.
Echange de "garanties sérieuses"
Mardi, Paris et Washington ont accru la pression sur la Syrie en appelant conjointement au retrait de ses troupes du Liban et à la tenue d'élections "libres et équitables" dans ce pays, lors de la réunion internationale de soutien à l'Autorité palestinienne à Londres. Cet appel intervenait au lendemain de la démission lundi du gouvernement du Premier ministre libanais pro-syrien Omar Karamé soumis à une intense pression de l'opposition et de la rue depuis l'assassinat le 14 février de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri. L'opposition a rejeté sur la Syrie et le pouvoir libanais qui lui est inféodé la responsabilité de cet assassinat et s'est prononcée pour une enquête internationale.
Lundi, le président syrien avait déjà laissé entendre dans des déclarations publiées par le journal italien La Repubblica qu'un retrait pourrait éventuellement avoir lieu en échange de garanties. "Techniquement, nous pouvons retirer nos troupes avant la fin de l'année. Stratégiquement, cela aura lieu seulement si nous obtenons des garanties sérieuses. En d'autres termes la paix", avait-il indiqué.
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