© lci"Libre, puis la tragédie" titre La Repubblica, "L'homme qui s'est sacrifié pour la sauver" écrit Il Giornale, "La vie et la mort" titre Il Manifesto, "Un héros mort pour sauver Giuliana" écrit Il Messaggero : les journaux rendent hommage à l'agent des services secrets italiens, Nicola Capilari, qui a fait bouclier de son corps pour protéger Giuliana Sgrena vendredi soir, lorsque leur convoi a essuyé des tirs à un barrage américain.
Blessée à l'épaule gauche et au poumon gauche, Giuliana Sgrena a indiqué à ses proches vendredi soir : "Je vais bien, je suis pleine de fils et de tubes". Samedi matin, la journaliste est arrivée à l'aéroport de Rome-Ciampino en Italie. Elle doit être réopérée de la clavicule à l'aéroport militaire Celio de Rome. "Ils ne m'ont jamais maltraitée", a-t-elle dit à ses collègues du journal Il Manifesto, tout en se disant navrée de la mort de Nicola Calipari.
"Cette tragédie gâche ma joie"
Tous le quotidiens italiens soulignent que le fonctionnaire de 51 ans a sauvé Giuliana Sgrena deux fois, d'abord en obtenant sa libération puis en la protégeant des balles. Gabriele Polo, le directeur d'Il Manifesto, le quotidien de gauche pour lequel Giuliana Sgrena était envoyée spéciale en Irak, a souligné, dans son éditorial, que la joie de la rédaction avait été de courte durée. Le dessin humoristique du journal montre un homme tendant les bras pour accueillir une colombe de la paix en lui disant "Tu nous l'a rapportée" mais l'oiseau est ensanglanté.
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| Visiblement fatiguée, Giuliana Sgrena descend du Falcon à l'aéroport de Rome |
La famille de Giuliana Sgrena a fait part de sa douleur après la mort de l'agent Nicola Calipari, marié et père de deux enfants. "C'est grâce à son geste héroïque que Giuliana a eu la vie sauve. Sa mort nous plonge dans le désespoir", a déclaré Franco Sgrena, le père de la journaliste.
"Cette tragédie gâche ma joie", a renchéri Pier Scolari, le compagnon de la journaliste, avant de prendre un avion pour Bagdad pour aller la chercher. "Cette guerre est une folie, la voilà votre guerre, nos troupes doivent partir de là-bas", a hurlé Scolari au chef de gouvernement Silvio Berlusconi.
"C'est la fatalité"
Le grand tirage de la presse italienne, le Corriere della Sera, craint que cet incident ne dégénère dans un nouvel affrontement entre la gauche et la droite sur la présence militaire italienne en Irak. "Les deux Italies qui ont accompagné la séquestration de Giuliana Sgrena sans se toucher ni dialoguer risquent maintenant de se heurter", écrit le Corriere. Piero Fassino, secrétaire général des Démocrates de gauche, a jugé "incroyable qu'un homme engagé dans la difficile mission de sauver une vie, ait été tué par ceux qui affirment être en Irak pour protéger la vie des citoyens".
Le chef de la diplomatie italienne, Gianfranco Fini, a espéré "fermement" que cet incident n'engendrerait pas une réaction antiaméricaine. "C'est la fatalité. C'est un moment de grande douleur sur lequel personne ne doit spéculer", a-t-il estimé, affichant sa satisfaction que le commandement américain ait annoncé "une enquête rapide et complète".
(Image d'archive : Giuliana Sgrena)
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