Un accord pour mettre fin aux violences au Togo

le 25 avril 2005 à 21h36 , mis à jour le 25 avril 2005 à 22h20

Faure Gnassingbé et le dirigeant historique de l'opposition togolaise, Gilchrist Olympio, ont conclu lundi soir sous l'égide de l'Union africaine un accord pour un gouvernement d'union nationale, quel que soit le résultat de la présidentielle. Un compromis qui pourrait éviter de nouvelles violences.

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Le chef historique de l'opposition togolaise, Gilchrist Olympio et Faure Gnassingbé, fils du président Gnassingbé Eyadéma ont conclu lundi à Abuja un accord surprise pour former un gouvernement d'union nationale, quel que soit le résultat de la présidentielle de dimanche, et pour modifier la Constitution pour plus de démocratie. Cette rencontre, sans précédent entre les deux hommes, a été organisée par le président nigérian et président en exercice de l'Union africaine Olusegun Obasanjo, au lendemain d'un scrutin émaillé de violences, et que l'opposition menaçait de ne pas reconnaître. Image symbolique très forte pour les Togolais, les deux hommes se sont donnés l'accolade après cette annonce.

Gilchrist Olympio est le fils du premier président du Togo, Sylvanus Olympio, tué en 1963 lors d'un coup d'Etat mené par le propre père de Faure Gnassingbé, Gnassingbé Eyadéma, qui avait laissé le pouvoir aux civils. Eyadéma avait conduit un second coup d'Etat, en janvier 1967, pour renverser Nicolas Grunitzky, et prendre cette fois le pouvoir, qu'il devait exercer de manière absolue pendant 38 ans. Sa disparition le 5 février aura ainsi permis ce geste spectaculaire entre les représentants de deux familles opposées par le sang versé et la haine entretenue pendant plus de 40 ans.

Accord surprise

Selon le président nigérian, le processus de gouvernement d'union nationale sera supervisé par une commission présidée par l'Union africaine, comprenant des représentants des partis togolais, de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), et des ambassadeurs des pays d'Afrique de l'Ouest et centrale accrédités à Lomé. Cet accord a été conclu avant l'annonce des résultats de la présidentielle de dimanche, à laquelle se présentait Faure Gnassingbé. Quant à Gilchrist Olympio, actuellement en exil et écarté du scrutin en raison de sa résidence, il restait en fait le vrai chef de l'opposition radicale, d'où sa présence à ces discussions.

L'accord semblait lundi soir avoir pris de court les responsables politiques de l'opposition à Lomé, qui ne souhaitaient pas réagir immédiatement. Le Rassemblement du peuple togolais (RPT, au pouvoir), dont Faure Gnassingbé était le candidat, et la coalition de l'opposition, représentée par Emmanuel Akitani Bob, se sont mutuellement accusés de fraudes et de violences lors du scrutin. Des violences ont fait un mort, selon les autorités, trois, selon une source diplomatique, et plus de 30 blessés. Elles s'étaient concentrées dimanche dans les quartiers populaires de Lomé, fiefs traditionnels de l'opposition, notamment à Bè. Lundi, une dizaine de personnes ont encore été blessés, lors de heurts isolés. Les résultats de la présidentielle ne devraient pas être connus avant au moins mardi, selon un responsable de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).

Photo d'ouverture : violences à Lomé, lundi - DR

le 25 avril 2005 à 21:36
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