"L'Eglise est vivante. Et l'Eglise est jeune. Elle porte en elle l'avenir du monde", déclare Benoît XVI dans son homélie. © LCISerein, radieux et souriant, le pape Benoît XVI a célébré dimanche la messe d'inauguration de son pontificat devant près de 500.000 fidèles rassemblés place Saint-Pierre, dont 100.000 Allemands et une quarantaine de dirigeants étrangers. Vêtu d'une chasuble dorée, la crosse pontificale de son prédécesseur à la main, il a reçu le pallium et l'anneau du pêcheur, les deux insignes de sa fonction. Benoît XVI a ensuite pris l'évangile en main et a béni la foule.
Il a ouvert son homélie par une évocation de son prédécesseur Jean Paul II "accompagné dans l'au-delà" par le cortège "des saints de tous les siècles". Il a souligné que les jours entourant la mort de Jean Paul II avaient donné la "merveilleuse expérience" que "l'Eglise est vivante". "L'Eglise est vivante. Et l'Eglise est jeune. Elle porte en elle l'avenir du monde et c'est pourquoi elle montre aussi à chacun de nous le chemin de l'avenir", a déclaré Benoît XVI.
"Une brebis perdue dans le désert"
Le pape, qui n'a pas voulu prononcer "un programme de gouvernement", a expliqué sa mission comme celle d'un "pasteur" et d'un pêcheur", symbolisée par le pallium (longue écharpe de laine) et "l'anneau du pêcheur" qui lui ont été remis. "De l'image du pasteur et de celle du pêcheur émerge de manière très explicite l'appel à l'unité", a-t-il affirmé ."Hélas, Seigneur bien-aimé, aujourd'hui le filet s'est déchiré", "fais que nous ne soyons qu'un seul pasteur et qu'un seul troupeau".
Le pape a décrit l'humanité comme "une brebis perdue qui, dans le désert, ne trouve pas son chemin", et a appelé "l'Eglise dans son ensemble" à "se mettre en route pour conduire les hommes hors du désert, vers le lieu de la vie, vers l'amitié avec le fils de Dieu". "Les déserts extérieurs se multiplient dans notre monde, parce que les déserts intérieurs sont devenus très grands", a ajouté Benoît XVI. "C'est pourquoi les trésors de la terre ne sont plus au service de l'édification du jardin de Dieu, dans lequel tous peuvent vivre, mais sont asservis par les puissances de l'exploitation et de la destruction".
Le souverain pontife a également critiqué "les idéologies du pouvoir" qui justifient leur action de destruction par leur volonté de "terrasser le mal". "Combien de fois désirerions-nous que Dieu se montre plus fort! qu'il frappe durement, qu'il terrasse le mal et qu'il crée un monde meilleur! Toutes les idéologies du pouvoir se justifient ainsi", a-t-il déclaré.
Le salut aux fidèles
Benoît XVI a repris pour finir l'appel lancé par son prédécesseur Jean Paul II à ne pas avoir peur. "Le pape parlait aux forts, aux puissants du monde, qui avaient peur que le Christ les dépossède d'une partie de leur pouvoir", a-t-il dit. "Oui, il les aurait certainement dépossédés de quelque chose: de la domination, de la corruption, du détournement du droit de l'arbitraire. Mais il ne les aurait nullement dépossédés de ce qui appartient à la liberté de l'homme, à sa liberté, à l'édification d'une société plus juste".
A la fin de la messe solennelle, Benoît XVI a pris place à bord d'une voiture découverte pour aller saluer les fidèles réunis Place Saint Pierre. Le pape, souriant, est monté à l'arrière du véhicule qui a emprunté les travées laissées ouvertes sur la place Saint Pierre. Debout, il a béni la foule. Mais les fidèles, contenus derrière les barrières, n'ont pas pu l'approcher ni le toucher. Les cloches de la basilique Saint-Pierre sonnaient à la volée pendant qu'il faisait le tour de la place à bord de son véhicule.
Dispositif éprouvé |
(Photo : Benoît XVI face aux pélerins réunis place Saint-Pierre)
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