Les Basques modérés perdent leur pari

le 17 avril 2005 à 12h27 , mis à jour le 18 avril 2005 à 07h29

Le Parti Nationaliste Basque arrive, sans surptise, en tête aux élections régionales de dimanche. Mais il n'a pu parvenir à la majorité absolue qui lui aurait permis de relancer le plan souverainiste de "libre association" avec l'Espagne, rejeté en février par le Parlement national.

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Elections gagnées, mais pari perdu. Le Parti nationaliste basque (PNV, modéré), actuellement au pouvoir au Pays basque espagnol, voulait faire du renouvellement du Parlement régional un test d'adhésion au plan souverainiste de "libre association" avec l'Espagne. Ce plan, défendu par le président du gouvernement régional, Juan José Ibarretxe, a été rejeté en février par le Parlement national, mais le PNV espérait, en obtenant ce dimanche un plébiscite, obliger Madrid à reconsidérer la question. Pour cela, il fallait une majorité absolue - soit 38 élus sur les 75 que compte le Parlement.

Or, si les nationalistes basques modérés sont nettement en tête aux élections autonomes (marquées par une participation moyenne de 69%, alors qu'elle avait atteint le record historique de 78,97% en 2001) ils n'obtiennent pas cette majorité absolue si convoitée. Ils remportent 38,6% des voix et 29 députés sur 75.

L'alliance écolo-communiste IU-EB reste pour sa part stable avec 3 sièges. La coalition gouvernementale sortante formée par le PNV-EA et l'alliance écolo-communiste IU-EB, obtient ainsi 32 sièges alors qu'elle en avait 36 dans le parlement sortant. 

La concurrence imprévue du PCVT-EHAK

La raison de ce demi-échec - alors que le pari du PNV semblait tout à fait jouable il y a quelques semaines : l'appel lancé par le parti interdit Batasuna. Le vote nationaliste radical paraît s'être porté massivement sur le petit Parti communiste des Terres basques (PCVT-EHAK), conformément à la consigne donnée par Batasuna, considéré comme le bras politique de l'organisation séparatiste basque armée ETA. Le PCVT-EHAK obtiendrait, selon les deux sondages, 7 à 8 sièges, alors que Batasuna qui n'a pas été autorisé à participer aux élections de dimanche, avait 7 sièges dans le parlement sortant.

Quant aux deux grandes formations politiques nationales, le Parti socialiste (PSE) et le Parti populaire (PP, droite), leurs destins sont contrastés. Le PSE, avec 19 députés, soit un gain de six mandats, devient la seconde formation politique du Pays basque. Le PP, pour sa part, recule de 19 à 15 députés. 

Photo d'ouverture : dans un bureau de vote du Pays basque espagnol - DR

le 17 avril 2005 à 12:27
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