Silvio Berlusconi annonçant sa démission aux sénateurs italiens © DRprès deux jours d'atermoiements, le chef du gouvernement italien s'est rendu aux pressions de ses alliés. Il a présenté mercredi sa démission au président de la République, Carlo Azeglio Ciampi, qui, sans l'accepter dans l'immédiat, lui a simplement demandé "de rester à son poste pour expédier les affaires courantes". Cette décision, Silvio Berlusconi l'avait déjà officialisée un peu plus tôt devant les sénateurs italiens, en annonçant, dans la foulée, sa volonté de créer un nouveau gouvernement avec la même majorité : "la majorité choisie par le pays restera jusqu'à la fin de la législature. Nous réussirons à résoudre les difficultés et nous irons jusqu'au terme du mandat qui nous a été confié par les électeurs".
Une double annonce très attendue et à laquelle Berlusconi pouvait difficilement se dérober, après les remous créés au sein de sa coalition et jusque dans son propre parti, Forza Italia, par son entêtement à se maintenir à son poste malgré la double sanction des urnes et du départ des ministres centristes de son gouvernement. La décision de Silvio Berlusconi a d'ailleurs été accueillie par ses alliés avec un soulagement visible. "Il s'agit d'un discours appréciable, assorti d'un geste appréciable", a commenté Marco Follini, chef du parti démocrate-chrétien UDC. "Le président du Conseil a été très bon", a renchéri Gianfranco Fini, numéro deux du gouvernement et chef d'Alliance Nationale (AN, droite conservatrice).
Atermoiements et pressions
Lundi soir, à la surprise générale, Silvio Berlusconi avait pourtant décidé de rester à la tête du gouvernement, résistant à ses alliés, principalement l'UDC, qui lui demandaient un "geste fort" pour tirer les conséquences de la débâcle électorale subie par la droite lors des élections régionales du 3 et 4 avril : démissionner, pour ensuite former un nouveau gouvernement, avec la même coalition. Les ministres centristes de l'UDC avaient engagé le processus en démissionnant pour réclamer cette formation d'une nouvelle équipe et la rédaction d'un nouveau programme. Devant l'obstination de Silvio Berlusconi, AN, le deuxième parti de la coalition au pouvoir, avait menacé à son tour, mardi, de quitter le gouvernement.
A cette crise ouverte au sein de son équipe gouvernementale, s'était ajoutée pour Berlusconi la nécessité de se présenter devant le Parlement pour s'expliquer et l'informer de la situation. Exigence qui émanait du président de la République, Carlo Azeglio Ciampi, lequel avait enjoint lundi soir le chef du gouvernement de vérifier, ce mercredi même, s'il disposait toujours d'une majorité.
Pressé de toutes parts, menacé de voir chuter son gouvernement en cas de vote hostile au parlement, Silvio Berlusconi a donc annoncé, ce mercredi, ce que tout le monde attendait de lui. Il lui reste à présent à reformer une équipe gouvernementale. Il espère pouvoir mener à bien les consultations nécessaires d'ici la fin de la semaine. Toutefois, s'il s'avère impossible pour Berlusconi de former un nouvel exécutif, il pourrait demander l'organisation d'élections anticipées.
Photo d'ouverture : Silvio Berlusconi annonçant sa démission aux sénateurs italiens - DR
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