© INTERNEQuatre ans après son élection, Silvio Berlusconi affronte sa plus grave crise gouvernementale avec la menace de retrait des ministres d'Alliance Nationale (AN), second parti de la coalition au pouvoir, au lendemain de la démission des représentants centristes de son exécutif. AN compte 97 députés, 47 sénateurs et cinq ministres. Le parti a également trois ministres délégués et plusieurs secrétaires d'Etat. Avec ses élus, il peut faire chuter à tout moment le gouvernement de Silvio Berlusconi. Dans un communiqué très dur, Gianfranco Fini, vice-Premier ministre et chef d'AN, a critiqué mardi le comportement de Silvio Berlusconi dans la crise que traverse la majorité. "J'ai les démissions des ministres en main, si c'est nécessaire je les présenterai", a-t-il dit.
AN s'est résolu cependant à attendre l'intervention de Berlusconi, ce mercredi devant le Parlement, pour prendre une décision définitive. Le chef du gouvernement est attendu au Sénat puis à la Chambre des députés où il devra clarifier sa position concernant la crise politique que traverse sa majorité. Les responsables d'AN se réuniront par la suite et décideront de la ligne à adopter.
Le boulet de la Ligue du Nord
Gianfranco Fini, également ministre des Affaires étrangères, a vivement critiqué mardi la volte-face du chef du gouvernement qui, après avoir fait croire à ses alliés qu'il démissionnerait lundi soir pour reformer un nouveau cabinet, a surpris tout le monde en changeant d'avis. L'opposition de centre-gauche a, de son côté, réclamé des élections anticipées, son leader Romano Prodi jugeant que "la parole doit retourner aux électeurs" pour éviter au pays une paralysie des institutions. Pour le communiste Fausto Bertinotti, le gouvernement de Silvio Berlusconi est désormais "un mort qui marche".
Fini a, par ailleurs, dénoncé le lien privilégié que Silvio Berlusconi cultive avec la Ligue du Nord, le mouvement populiste et xénophobe d'Umberto Bossi, devenu, au fil des années, son plus fidèle allié. AN et les démocrates-chrétiens de l'UDC sont convaincus que les mauvais résultats électoraux du centre-droit de ces dernières années, y compris la débâcle aux régionales de début avril à l'origine de l'actuelle crise, sont dus en partie à l'existence de cet "axe du nord", liant Berlusconi et Bossi, et que la majorité des électeurs réprouvent.
Gianfranco Fini ne pouvait que réagir durement : il avait annoncé dans un communiqué lundi après-midi la démission de Berlusconi, avant que ce dernier ne change d'opinion en soirée, sans le prévenir, laissant le chef d'AN dans un profond embarras. Le comportement de l'entrepreneur-magnat des medias a surpris même ses plus fidèles. "L'incertitude règne souveraine. Quand l'on perdait pendant la guerre, on parlait de retrait stratégique. Ici je vois le retrait mais je ne vois pas la stratégie", a commenté désabusé Alfredo Biondi, président du Conseil national de Forza Italia, le parti de Berlusconi.
Photo d'ouverture : Silvio Berlusconi - archives
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