L'Eglise prépare la succession

le 01 avril 2005 à 09h00 , mis à jour le 01 avril 2005 à 23h07

Même si personne n'ose l'évoquer publiquement, l'Eglise catholique se prépare à la disparition de Jean Paul II après la brusque dégradation de sa santé.

Vatican Saint-Pierre

A priori, Jean Paul II a réglé jusqu'aux moindres détails de sa succession avec la constitution apostolique approuvée en 1996. S'il décède, deux prélats joueront alors les premiers rôles: le cardinal camerlingue -charge actuellement exercée par l'Espagnol Eduardo Martinez Somalo- qui devra expédier les affaires courantes et Mgr Ratzinger, 77 ans, président de la Congrégation pour la Doctrine de la foi et doyen du sacré collège, en raison de son influence au sein de la Curie. Les cardinaux électeurs âgés de moins de 80 ans sont 117, soit un peu moins que le nombre-plafond de 120 fixé par le pape Paul VI. 58 sont européens, dont 20 italiens, 14 sont nord-américains, 21 latino-américains, 11 africains, 11 asiatiques et 2 océaniens.

A la mort du pape, les cardinaux électeurs seront réunis en conclave dans la chapelle sixtine et tenus au secret. Le successeur de Jean Paul II devra recueillir les deux tiers des suffrages. La tradition canonique est d'alterner un pontificat court après un long règne et ce principe plaide pour un pape âgé --Jean Paul II avait 58 ans lors de son élection-- pour assurer une transition. Mais les cardinaux électeurs peuvent également décider de désigner un jeune prélat pour poursuivre l'oeuvre entreprise par son prédécesseur.

Deux camps et des outsiders

Deux grandes tendances se dessinent par ailleurs au Vatican: le retour d'un pape italien ou l'élection d'un latino-américain, continent qui compte la majorité des catholiques dans le monde. Et deux camps s'opposent --conservateurs contre libéraux, même si ces qualificatifs sont très simplificateurs-- sur les grands défis de demain: gestion plus collégiale de l'Eglise, célibat des prêtres, diaconat des femmes, contraception. Selon les cas de figures apparaissent régulièrement dans la presse plusieurs noms de "papabili". Dans l'hypothèse d'un pape italien, cinq prélats sont en lice: les cardinaux archevêques Dionigi Tettamanzi (Milan), 70 ans, Angelo Scola (Venise) 63 ans, et Tarcisio Bertone (Gênes), 70 ans, le secrétaire d'Etat du Vatican Angelo Sodano, 77 ans, et le préfet de la Congrégation pour les évêques Giovanni Battista Re, 71 ans.

Hors d'Italie, les plus cités sont le cardinal colombien Dario Castrillon Hoyos, 75 ans, préfet de la Congrégation pour le Clergé, le Hondurien Oscar Andres Rodriguez Maradiaga, 62 ans, archevêque de Tegucigalpa, l'Argentin Jorge Mario Bergoglio, 67 ans, archevêque de Buenos Aires et le Brésilien Claudio Hummes, 70 ans, archevêque de Sao Paulo. L'Afrique, continent où l'Eglise catholique doit affronter l'Islam et les sectes, a également un candidat: le Nigérian Francis Arinze 72 ans, préfet de la Congrégation pour le culte divin. Parmi les outsiders, deux "jeunes" prélats sont cités: le cardinal archevêque de Vienne, Christoph Schoenborn, 60 ans, et le cardinal indien Telesphore Placidus Toppo, archevêque de Ranchi, 65 ans.

Rien n'est jamais acquis jusqu'au vote final, rappellent les vaticanistes. Cardinal archevêque de Cracovie, Karol Wojtyla était un outsider lorsqu'il a été élu au troisième tour de scrutin le 16 octobre 1978, devenant le premier pape non italien depuis 455 ans.

le 01 avril 2005 à 09:00
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