© AFPWadowice, la ville natale de Jean Paul II dans le sud de la Pologne, tout comme l'ensemble du pays, reste suspendue aux prières, dans l'espoir d'un miracle pour sauver son héros alité au Vatican où il est désormais considéré comme proche de la mort. "Nous devons prier pour lui plus ardemment que d'habitude", expliquait vendredi Pawel Sikora, 11 ans, d'un ton grave et ému. Dans la matinée, l'enfant a été avec toute son école à la basilique, proche de la maison natale du pape. C'est là que le petit Karol Wojtyla a été baptisé et a plus tard servi la messe. L'édifice récemment rénové n'a pas désempli de toute la journée. Entre les messes, les gens s'attardaient près de la basilique comme attirés par un aimant.
Sur la façade de la mairie située à quelques mètres de l'église, les autorités municipales ont suspendu un grande planche avec les photos du jeune Karol, assis sur les genoux de sa mère, en écolier, jeune prêtre et enfin Souverain pontife. "Aujourd'hui, l'atmosphère à Wadowice est plus grave", explique Jozef Lehrfeld, un gardien de prison. "Vu l'état de santé du saint père, les gens sont inquiets et les conversations tournent autour de sa maladie", poursuit-il.
"Sans lui, nous n'aurions pas fait grand-chose"
Depuis jeudi, date des premiers bulletins de santé alarmiste sur le pape, toute la Pologne s’est unie dans une même ferveur de prières et de messes, dont l'une célébrée par un proche du pape, le cardinal Franciszek Macharski de Cracovie (sud), a été retransmise en direct par la télévision publique polonaise. Cette messe, en présence de centaines de fidèles, s'est déroulée au sanctuaire de la Divine Miséricorde de Lagiewniki, un faubourg de Cracovie où Karol Wojtyla allait prier lorsqu'il travaillait pendant l'occupation nazie dans les usines de produits chimiques.
L'épiscopat polonais a appelé les fidèles à "une prière encore plus fervente" afin qu'il retrouve "les forces nécessaires pour surmonter sa crise", tandis que le cardinal Jozef Glemp, primat de Pologne, déclarait à son arrivée à Buenos Aires que les catholiques devaient "aider" Jean Paul II, "sur le point de porter sa croix".
"Nous devons tous prier pour que le Bon Dieu garde le saint père sur cette Terre, au temps de la mondialisation et du chaos", a déclaré l'ancien président du syndicat Solidarité et ex-chef de l'Etat Lech Walesa, un proche de Jean Paul II. "Sans le Pape, le communisme serait tombé dans le sang", a-t-il déclaré dans une interview au journal français Le Figaro publié samedi. Le Saint-Père a permis que le dénouement se passe de façon à peu près pacifique". "Sans lui, nous n'aurions pas fait grand-chose. Les militants de Solidarité auraient été assassinés. Le syndicat aurait été détruit", affirme Lech Walesa.
Photo : lors d'une messe vendredi dans la basilique de Wadowice (AFP)
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