Fin de 30 ans d'occupation syrienne

le 25 avril 2005 à 18h01 , mis à jour le 26 avril 2005 à 12h47

Au terme d'une cérémonie qui réunissait les commandemants militaires libanais et syrien, le dernier soldat de la Syrie a franchi la frontière mardi. Des délégations de l'Onu vont vérifier sur le terrain la réalité de la fin de l'occupation syrienne, et préparer le terrain à la Commission d'enquête internationale sur l'assassinat de Rafic Hariri.

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Le dernier soldat syrien a franchi la frontière et quitté le sol du Liban ce mardi à la mi-journée. Avec ce départ, marquant la fin de trois décennies d'occupation, c'est une page de l'histoire libanaise qui s'est définitivement tournée. Un moment historique marqué, peu avant cette évacuation, par une cérémonie d'adieux des commandements militaires des deux pays près de leur frontière commune. "Nous avons accompli la mission sacrée de défendre le Liban arabe et sa dignité", a déclaré le général Ali Habib, chef d'état-major syrien pendant cette courte cérémonie. "La Syrie a tout donné et continuera de tout donner pour protéger le Liban. Nous vous saluons", a-t-il ajouté. "Nous ne vous oublierons jamais", ont crié en retour d'une seule voix quelque 300 soldats de la troupe libanaise, sur fond de battements de tambours.

Le général syrien Rustom Ghazalé, qui a commandé les puissants services de renseignement syriens au Liban, était présent à cette cérémonie, diffusée en direct par la télévision syrienne, de même que le commandant en chef de l'armée libanaise Michel Souleiman et le général Ali Habib. Les chefs des commandements syrien et libanais ont dévoilé à cette occasion une stèle en marbre érigée en l'honneur des 12.000 soldats syriens tués au Liban, la plupart durant l'invasion israélienne de 1982. Avant le début du retrait syrien, il restait encore sur le sol libanais 14.000 soldats de Damas.

Supervision attentive de l'Onu

La Syrie était au Liban depuis juin 1976, un an après le début de la guerre civile. Alors qu'une nouvelle page de l'histoire du Liban s'ouvre, sous la supervision attentive des Nations unies, le nouveau gouvernement de transition se présente ce mardi pour obtenir la confiance du parlement, prélude à l'adoption d'une loi électorale qui doit conduire le pays, avant la fin mai, aux premières élections de la nouvelle ère post-syrienne.

De son côté, l'Onu, outre l'envoi d'une équipe chargée de vérifier le retrait syrien, doit envoyer d'ici mercredi à Beyrouth une autre délégation pour préparer le terrain à la Commission d'enquête internationale chargée de faire toute la lumière sur l'assassinat de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri le 14 février. La Syrie a été contrainte après cette mort d'entamer son retrait du Liban sous la pression populaire libanaise et internationale. Les services de sécurité libanais et Damas ont été épinglés dans un rapport onusien établi sur place en mars et concernant les causes de cet assassinat.

Photo d'ouverture : la cérémonie libano-syrienne avant le départ des derniers soldats syriens du Liban - DR

le 25 avril 2005 à 18:01
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