© AFP Andres SolaroDésertion. Alors que l'Italie traverse une grave crise politique, Silvio Berlusconi disparaît de Rome. Le chef du gouvernement a quitté la capitale romaine samedi matin pour une destination inconnue. Aucun rendez-vous officiel n'était prévu dans l'agenda du président du Conseil, selon son service de presse qui n'a pas été en mesure d'indiquer l'endroit où se rendait Silvio Berlusconi.
Le début de la fin ?
C'est la crise pour Il Cavaliere. Vendredi, quatre ministres démocrates-chrétiens de l'UDC se sont retirés de son gouvernement tout en maintenant leur soutien au Parlement. Ils réclamaient la formation d'un nouveau cabinet après la défaite des partis de la coalition au pouvoir lors des élections régionales début avril. Et de faire chou blanc. Silvio Berlusconi leur a opposé une fin de non recevoir. Peu après, c'est le Nouveau Parti Socialiste (NPSI) qui rappelait deux de ses membres.
Pour les faire revenir et tenter de désamorcer la bombe, Silvio Berlusconi a proposé vendredi soir un nouveau pacte politique à ses alliés. Il les a menacés d'élections anticipées faute d'accord. Silence de l'UDC.
Mise en demeure
Silvio Berlusconi se retrouve désormais à la merci de ses alliés, car ils peuvent à chaque instant le mettre en minorité lors d'un vote au Parlement. Ce dernier compte 616 députés et 320 sénateurs. Il Cavaliere et ses alliés de droite et de centre-droit comptent 344 élus à la Chambre et 171 au Sénat. Mais si les 34 députés UDC et les 3 députés du Nouveau parti socialiste votent contre le gouvernement à la Chambre, Silvio Berlusconi and Co tombent.
Autre menace pour le chef du gouvernement : le mécontentement de l'Alliance nationale, le parti conservateur dirigé par le chef de la diplomatie et vice-premier ministre Gianfranco Fini. Ce dernier a également exigé un nouveau programme de gouvernement et a mis en demeure Silvio Berlusconi de demander un vote de confiance au Parlement la semaine prochaine.
Du côté de l'opposition, après l'annonce du retrait de l'UDC, Romano Prodi, chef de "l'Union", la coalition des partis de gauche a affirmé : "Nous nous trouvons dans une phase de profonde crise". Et l'ancien chef du gouvernement sait de quoi il parle. Il avait été mis en minorité à la chambre en 1998 sur la réforme des retraites et avait du démissionner.
(Image Berlusconi vendredi 15 avril. AFP/Andres SOLARO)
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