
Des dizaines de milliers de manifestants ont conspué samedi l'Amérique à Bagdad à l'occasion du deuxième anniversaire de la chute du régime de Saddam Hussein. La foule s'est rassemblée place Ferdaous, où le 9 avril 2003 des Irakiens aidés par des soldats américains qui venaient d'entrer dans la capitale irakienne, ont jeté à terre une statue de l'ancien dictateur, signifiant la fin de son emprise sur le pays. La manifestation, à l'appel du chef radical chiite Moqtada Sadr, a réuni également des sunnites, qui ont vu leur influence décliner en Irak avec la chute de l'ancien régime et le triomphe électoral des chiites majoritaires.
Pendant la manifestation, la plus importante jamais organisée à Bagdad en deux ans, la foule a scandé: "Non, non à l'Amérique, non, non à l'occupation". Pour éviter tout débordement, la police a bloqué les principales rues du centre de Bagdad et fermé deux des ponts sur le Tigre. Des manifestants ont déployé des portraits du président américain George W. Bush et du Premier ministre britannique Tony Blair avec les dents ensanglantées et les mots: "Terroristes internationaux".
"Chasser les forces étrangères"
"Notre unité fait taire ceux qui répètent que la fin de l'occupation conduira à la guerre civile", a dit Moqtada Sadr dans son discours lu par l'un de ses adjoints Nasser al-Saidi. Il faisait allusion à l'appel lancé vendredi par des imams radicaux sunnites à participer à cette marche et à la présence de certains d'entre eux. Moqtada Sadr a également interpellé le président américain : "Vous avez dit que l'Amérique est devenue plus sûre (...) Peut-être (...) mais le reste du monde est devenu plus dangereux". Il a aussi réclamé que "la résistance ne soit pas mise à l'écart du processus politique et qu'on différencie la résistance du terrorisme" et la foule a accueilli chaque requête en scandant: "Nous le voulons".
A Ramadi, capitale de la province sunnite rebelle d'Al-Anbar, des centaines d'étudiants ont également manifesté à l'appel de leurs religieux, demandant de "mettre fin à l'occupation et de chasser les forces étrangères".
La violence, attribuée à la rébellion sunnite, a connu un regain en ce jour anniversaire, faisant 30 tués en quelques heures. Vingt-cinq Irakiens, dont quinze soldats, sont morts dans une série d'attaques dans la zone rebelle du sud de Bagdad, appelée "triangle de la mort", selon des sources de sécurité. A Mossoul, au nord de l'Irak, un civil et un policier ont été tués et quatorze autres personnes, dont 11 policiers, blessées dans un attentat suicide. Trois autres personnes dont un soldat irakien et un civil ont été tués par un engin explosif à Machahda, non loin de Bagdad.
Photo d'ouverture : image de la manifestation de samedi à Bagdad - DR
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