© INTERNETrois adolescents palestiniens ont été tués samedi par l'armée israélienne dans la bande de Gaza, suscitant une riposte du Hamas. Il s'agit de l'incident le plus meurtrier, côté palestinien, depuis l'instauration d'une trêve de facto fin janvier. Selon des témoins, un blindé israélien a tiré en direction d'adolescents palestiniens jouant au football dans une zone interdite par l'armée dans le sud de la bande de Gaza, près de la frontière avec l'Egypte, tuant trois d'entre eux âgés d'une quinzaine d'années et blessant un quatrième de 14 ans. Ils auraient couru après le ballon et pénétré alors dans la zone interdite.
Mais un officier israélien a exclu que les jeunes aient pu jouer au ballon dans cette zone interdite. "Des militaires ont repéré un groupe de cinq suspects qui rampaient vers la frontière. A un moment donné, ils se sont mis à courir vers la frontière en dépit de tirs de semonce puis directs", a-t-il dit. Selon lui, "les jeunes ont pénétré dans la zone interdite, par une ouverture dans la muraille construite tout près de la frontière" et se dirigeaient vers l'Egypte apparemment pour une opération de contrebande d'armes.
L'Autorité palestinienne a vivement protesté et son porte-parole, Nabil Abou Roudeina, a parlé de "grave violation" de la trêve. Le responsable palestinien chargé des négociations Saëb Erakat a exigé une "enquête immédiate" de l'armée.
Les menaces du groupuscule "Revava"
Peu après, 25 obus de mortier ou des roquettes ont été tirés, sans faire quasiment de dégâts, contre des postes militaires et des implantations notamment dans le secteur du bloc de colonies du Goush Katif, dans le sud de la bande de Gaza, selon l'armée. Le Hamas a revendiqué ces tirs. Un porte-parole du mouvement islamiste a auparavant qualifié les tirs israéliens de "violations manifestes des ententes" sur la trêve. Un dirigeant du Jihad islamique a pour sa part appelé à "réexaminer la position de tous les mouvements sur la trêve".
Déjà la tension montait en Cisjordanie, où deux mille Palestiniens se sont rassemblés au centre de Ramallah et quatre mille autres dans l'enceinte de l'université An Najah de Naplouse pour protester contre le projet de prière en masse de juifs ultra dimanche sur l'esplanade des Mosquées. Pourtant, la police israélienne a interdit cette manifestation du groupuscule ultra nationaliste "Revava" (Myriade, en hébreu) et même tout accès de non musulmans à l'esplanade, y compris à des députés juifs. Elle a déployé des milliers d'hommes dans la vieille ville de Jérusalem pour empêcher la manifestation et faire face à des contre-manifestations palestiniennes.
"Le gouvernement israélien ne permettra aucune action ou provocation susceptible de troubler l'ordre public", a assuré le ministre de la Sécurité intérieure Gideon Ezra. "Des millions de martyrs sont prêts à mourir pour protéger l'Esplanade des Mosquées et la mosquée d'Al-Aqsa", ont clamé à Ramallah les manifestants en brandissant des drapeaux verts, couleur de l'islam. En revanche, le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a assuré avoir obtenu des garanties israéliennes contre toute provocation.
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