© LCILa soldate américaine Sabrina Harman a été condamnée mardi à 6 mois de prison pour mauvais traitements sur des prisonniers de la prison d'Abou Ghraib en Irak, de complicité et de manquement au devoir, soit six des sept chefs d'inculpation portés contre elle. Elle a été toutefois acquittée d'une des charges de mauvais traitements par la cour martiale de Fort Hood au Texas. Âgée de 27 ans, elle risquait une peine maximale de cinq ans et demi de prison, mais l'accusation avait requis trois ans d'emprisonnement.
"Je pense qu'elle a été extrêmement soulagée", a indiqué son avocat selon qui la jeune femme ne passera probablement pas plus d'une centaine de jours en détention. "En tant que soldate et officier de la police militaire j'ai manqué à mes devoirs et échoué dans ma mission de protéger et de défendre. Je prends l'entière responsabilité de mes actions. Je ne rejette pas la faute sur une chaîne de commandement ou d'autres (...). Les décisions que j'ai prises étaient les miennes et les miennes seules. Je suis sincèrement désolée", a-t-elle plaidé en pleurant devant le jury.
"Adoucir" les détenus
Ancienne directrice d'une pizzeria, Sabrina Harman était notamment accusée d'avoir placé des fils électriques sur les doigts d'un détenu avant de le prévenir qu'il serait électrocuté s'il tombait de la boîte sur laquelle il était maintenu. La publication par les médias de la photo de cette scène avait contribué à lancer, au printemps 2004, le scandale d'Abou Ghraib, qui avait fortement embarrassé le gouvernement américain. La jeune femme de 27 ans, membre de la police militaire, était également accusée d'avoir écrit le mot "violeur", avec une faute d'orthographe sur le corps d'un prisonnier.
Comme la plupart des soldats impliqués dans le scandale d'Abou Ghraib, Sabrina Harman avait affirmé que les soldats de la police militaire en poste dans la prison étaient sous la pression des officiers de renseignements militaires, qui voulaient que les détenus soient "adoucis" afin de les rendre plus coopératifs lors des interrogatoires. "Le sommeil, la nourriture, les vêtements, les matelas, les cigarettes étaient tous des privilèges et étaient accordés en échange d'informations", avait-elle déclaré.
Sans formation
Ses avocats avaient souligné que la réserviste Harman, qui avant d'être appelée dirigeait une pizzeria, avait été envoyée en Irak sans formation spécifique concernant le traitement des prisonniers et ses nombreux aspects juridiques. Dans l'espoir de convaincre des remords de leur cliente, ils avaient produit devant la cour une lettre envoyée par la soldate à une ancienne camarade en Virginie (est) en 2003, dans laquelle elle confiait son inquiétude, estimant que l'équipe en place à Abou Ghraib "allait trop loin".
La jeune femme avait plaidé non coupable, de même que le caporal Charles Graner, considéré comme "le meneur", qui a été condamné à dix ans de prison par une cour martiale en janvier. Cinq autres soldats ont plaidé coupables avant d'être condamnés à des peines allant jusqu'à huit ans de prison. Le juge présidant la cour martiale de Fort Hood a stoppé début mai le procès d'une autre soldate, Lynndie England, après le témoignage mercredi d'un supérieur, Charles Graner, contredisant son aveu de culpabilité.
(Image LCI : de jeunes soldats américains sont accusés d'avoir torturé des prisonniers)
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