Affaire Calipari : l'Italie accuse les Américains

Par AG avec afp, le 03 mai 2005 à 07h49 , mis à jour le 03 mai 2005 à 09h35

Barrage mal préparé, soldats inexpérimentés... L'Italie a publié lundi soir des conclusions différentes de celles des Américains sur les circonstances de la mort de l'agent Calipari à Bagdad lors de la libération de Giuliana Sgrena.

italie calipari obsèques

Deux jours après la publication des conclusions de l'armée américaine excluant toute responsabilité de ses soldats dans la mort le 4 mars à Bagdad de l'agent secret italien Nicola Calipari, l'Italie a publié lundi soir son propre rapport d'enquête, dont les conclusions différent radicalement. Le rapport italien reprend et corrige quasiment point par point les assertions de Washington. L'Italie dénonce notamment un barrage volant mal préparé, tenu par des soldats tendus et inexpérimentés.  "Il est vraisemblable que la tension liée aux circonstances et probablement  un certain niveau d'inexpérience et de stress aient pu pousser certains militaires à des réactions instinctives et peu contrôlées", souligne le rapport. Les enquêteurs italiens précisent que la patrouille américaine était  "uniquement composée de réservistes".

Aucun signal n'a averti le conducteur de la voiture selon l'enquête  italienne. Contrairement au rapport américain, la vitesse ne peut donc être mise en cause,  "à partir du moment où il n'y a pas eu de signaux d'avertissement imposant de ralentir". "Le conducteur de la voiture ne roulait pas vite, car la route de l'aéroport  était mouillée, car il savait qu'il approchait d'un virage à 90 degrés et parce qu'il conduisait d'une seule main, tenant un téléphone portable dans l'autre",  ajoutent les enquêteurs italiens.

En outre, le rapport dément les affirmations de l'armée américaine selon  lesquelles aucune information ne lui avait été donnée sur l'opération de libération de la journaliste Giuliana Sgrena, prise en otage un mois plus tôt, et que Nicola Calipari était venu chercher près de Bagdad avec un autre agent secret italien.

Retrait anticipé des forces italiennes d'Irak ?

Le rapport a été réalisé sur la base de l'enquête menée par le diplomate  Cesare Ragaglini et le général des services secrets Pierluigi Campregher, tous deux membres de la commission mixte italo-américaine mise en place après le  drame, mais qui ont finalement refusé de contresigner les conclusions américaines. La semaine dernière, l'Italie et les Etats-Unis avaient déclaré dans une  déclaration conjointe qu'ils n'étaient pas parvenus à s'accorder pour déterminer les responsabilités dans la mort de Nicola Calipari.

Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, un fidèle allié du  président américain George W. Bush, se rendra jeudi matin devant les députés  pour s'expliquer sur ces versions divergentes, alors que des voix ont commencé à  s'élever ce week-end dans sa propre majorité pour rappeler les 3.000 soldats italiens installés à Nassiriyah (sud de l'Irak) depuis juin 2003. Lundi soir, peu après la diffusion du rapport italien, le président des  Verts Alfonso Pecoraro Scanio a réclamé la création d'une commission internationale chargée d'enquêter sur la mort de Nicola Calipari et a demandé le retrait immédiat des forces italiennes en Irak.

Photo : obsèques nationales pour Calipari (archives)

Par AG avec afp le 03 mai 2005 à 07:49
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience