© afpREFERENDUM CONSULTATIF
11,6 millions de Néerlandais sont appelés aux urnes pour ce référendum sur la Constitution européenne, le premier de l'histoire du pays. N'étant que consultatif, le Parlement a légalement le dernier mot. Mais le gouvernement de droite et l'opposition de gauche se sont engagés à respecter le résultat si la participation dépasse les 30%. Celle-ci devrait atteindre environ 40%.
PARTISANS DU "OUI" ET DU "NON"
Comme en France, le "oui" est défendu par la plupart des responsables politiques, notamment par les principaux partis de gouvernement de droite et de gauche. Les partisans du "non" forment un assemblage hétéroclite : à droite, les populistes de la liste Pim Fortuyn et l'extrême-droite de Geert Wilders ; à gauche, le Parti socialiste (extrême-gauche), une partie des Verts et des sociaux-démocrates.
LE "NON" LARGEMENT EN TETE
Le "nee" a quasiment toujours été en tête des sondages. Les dernières enquêtes le donnent vainqueur avec plus de 55% des suffrages. Comme en France, les partisans du "oui" ont mis en avant le futur isolement des Pays-Bas pour convaincre les indécis. Ces derniers, décomplexés par le "non" français, devraient donc donner un succès encore plus large au "non".
VOTE-SANCTION CONTRE LE GOUVERNEMENT
Principale raison du "nee" : non pas un rejet du Traité en lui-même et encore moins de l'Europe, mais l'impopularité du gouvernement de centre-droit du Premier ministre Jan Peter Balkenende, dont la cote d'opinion positive est passée sous les 20%. Les Néerlandais veulent lui faire payer ses réformes qui ont mis à mal les garanties sociales considérées comme acquises.
Les autres facteurs : la perte d'influence des Pays-Bas dans une Union élargie, un ressentiment sur le passage à l'euro, l'intégration de la Turquie.
L'EUROPE SUSPENDUE AU VOTE
Comme dimanche avec la France, toute l'Europe se tourne désormais vers les Pays-Bas. Un rejet de la Constitution européenne par un deuxième membre fondateur aggraverait la crise.
Tony Blair, qui a déjà laissé sous-entendre que le référendum au Royaume-Uni pourrait être annulé après le "non" français", devrait alors définitivement abandonner son projet de consultation. Il ne pourrait en effet plus jouer la carte de l'isolement britannique pour convaincre ses compatriotes, déjà majoritairement hostiles au texte. La Constitution serait alors morte-née, même si l'annexe 30 prévoit que si au moins 20 pays l'ont ratifiée, le "Conseil européen se saisit de la question" pour examiner le problème.
(photo afp : des partisans du "non" à Amsterdam)
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