
Publié samedi, le rapport d'enquête américain sur la mort de Nicola Calipari exclut toute responsabilité des soldats ayant tiré sur le véhicule de l'agent secret italien. Long de 42 pages, le document comportait néanmoins environ un tiers de parties censurées par des bandeaux noirs.
Mais en copiant depuis Internet ce rapport et en le recollant dans un fichier informatique classique, les passages noircis réapparaissent, notamment deux paragraphes "invisibles", le premier sur les problèmes de communications entre les unités américaines et le second sur les enseignements à tirer de cette affaire.
Selon La Repubblica, un officier américain chargé des liaisons "a rencontré des problèmes avec le VOIP" (voice over internet protocol, permettant de téléphoner en utilisant une liaison internet, NDLR) et "n'a pas été en mesure de transmettre des informations actualisées" aux autres unités. Ces informations concernaient le passage sur la route de l'aéroport, que les soldats en question devaient sécuriser, de l'ex-ambassadeur américain en Irak, John Negroponte, nommé en février directeur du renseignement national (DNI), une mission qui les rendait particulièrement tendus. L'officier américain n'a pas non plus essayé de contacter les autres unités par liaison radio FM, selon le document.
Le second paragraphe noirci recommande de réfléchir à l'utilisation de "mesures additionnelles non mortelles", comme des ralentisseurs, du fil de fer ou des herses devant les postes de contrôle afin de ralentir les véhicules et de "mettre à la disposition des soldats un maximum d'options non mortelles avant les tirs". Ce paragraphe laisse entendre que les actuelles règles d'engagement ne sont pas totalement adaptées à la situation sur le terrain.
La version du rapport italien |
Le gouvernement italien a publié lundi soir un rapport contenant de très nombreuses divergences par rapport à la version américaine des circonstances de la mort d'un agent italien le 4 mars à Bagdad. Le rapport italien affirme que "le poste de contrôle volant américain n'était pas signalé", que "les soldats de la patrouille américaine ont tiré par inexpérience et à cause de la tension", que la vitesse du véhicule dans lequel circulaient les Italiens "ne peut être mise en cause" et que "la scène du drame n'a pas été conservée en l'état après la fusillade". Le rapport a été réalisé sur la base d'une enquête menée par le diplomate Cesare Ragaglini et le général des services secrets Pierluigi Campregher, tous deux membres de la commission mixte italo-américaine qui ont refusé de contresigner les conclusions américaines. Il a été remis à l'ambassadeur des Etats-Unis à Rome, Mel Sembler, peu après 18H00 locales (16H00 GMT), et rendu public quatre heures après. |
(photo d'archives : les obsèques de Nicola Calipari)
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