Chesnot et Malbrunot racontent

le 03 mai 2005 à 16h25 , mis à jour le 04 mai 2005 à 10h51

Dans "Mémoires d'otage", leur ouvrage publié mercredi, les ex-otages français en Irak retracent pas à pas leurs quatre mois de détention. Florence Aubenas et son interprète irakien sont détenus depuis le 5 janvier.

livre chesnot malbrunot

"Notre seul tort : nous être trouvés au mauvais endroit au mauvais moment, sur une route perdue entre Bagdad et Najaf, le 20 août 2004". Dans "Mémoires d'otages", Christian Chesnot et Georges Malbrunot, libérés le 21 décembre dernier, livrent un récit à deux voix de leurs quatre mois de détention en Irak.

Ce livre très factuel raconte les longs mois de détention aux mains des ravisseurs de l'Armée islamique en Irak, revient sur les négociations et les péripéties qui ont émaillé l'affaire, sans toutefois répondre aux questions posées en introduction: "de quoi avons nous été l'enjeu ? A quelle négociation devons-nous notre liberté ?".

Le 20 août, Christian Chesnot (RFI), Georges Malbrunot (Le Figaro), et leur chauffeur Mohammed al-Joundi sont kidnappés, alors qu'ils se rendent à Najaf, au sud de Bagdad, par l'Armée islamique en Irak, un groupe particulièrement violent responsable de nombreux enlèvements et d'exécutions d'otages, dont le journaliste italien Enzo Baldoni, exécuté le 26 août 2004. L'ouvrage lui est d'ailleurs dédié, ainsi qu'à tous les otages, notamment Florence Aubenas, journaliste de Libération détenue depuis le 5 janvier en Irak.

Le livre s'ouvre sur le récit de la libération à l'issue de laquelle ils découvrent avec stupeur la mobilisation française en leur faveur. "Mais surtout nous mesurons pour la première fois l'énormité de l'affaire Brett-Julia", cette épopée rocambolesque fin septembre, au cours de laquelle le député UMP Didier Julia et ses acolytes ont fait croire, depuis la Syrie, qu'ils étaient sur le point d'obtenir l'élargissement des otages.

Le livre décrit ensuite la détention, les changements de caches, les interrogatoires, l'attitude contradictoire des gardiens. Le passage le plus effrayant du livre est celui où ils évoquent leur premier lieu de détention, "un centre de tri" où plusieurs otages sont retenus avant qu'un interrogatoire décide de leur sort. L'Armée islamique en Irak --un groupe mêlant d'anciens partisans de Saddam, des islamistes et des jihadistes internationalistes-- fonctionne de façon très compartimentée, expliquent les auteurs. Une équipe capture, une autre garde les otages, et un tribunal islamique les juge.

Chesnot et Malbrunot disent ignorer si une rançon a été versée et s'interrogent sur les concessions politiques qui ont pu être faites pour leur libération.

Christian Chesnot et Georges Malbrunot - "Mémoires d'otages" - Calmann-Lévy, 258 pages, 19 euros (sortie le 4 mai).

le 03 mai 2005 à 16:25
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