Un "chicano" à la tête de L.A.

Par , le 18 mai 2005 à 16h55 , mis à jour le 20 mai 2005 à 17h41

Antonio Villaraigosa, fils d'immigrés mexicains, a été élu mardi maire de Los Angeles. Premier latino à occuper la fonction depuis 1872, ce démocrate de 52 ans représente l'archétype du rêve américain.

[Expiré] [Expiré] villaraigosa © afp

"Je suis ici grâce à vous. Je n'oublierai jamais d'où je viens". En remerciant, en espagnol, ses partisans lors de son premier discours après son élection à la mairie de Los Angeles, Antonio Villaraigosa n'a pas manqué de rappeler ses origines. Il est en effet l'archétype du "self-made man" qui a construit le mythe du rêve américain.

Fils d'un couple de pauvres immigrés mexicains, Antonio Villaraigosa –un nom composé en fait de son premier patronyme, Villar, et de celui de sa femme, Raigosa- est né en 1953 dans l'Eastside, l'un des quartiers les plus dangereux de Los Angeles. Aîné d'une famille de quatre enfants, il est ensuite élevé par sa seule mère, après que son père, violent, a quitté le foyer. Malgré une scolarité agitée, il réussit à décrocher un diplôme en droit à l'U.C.L.A. Son premier fait d'armes politique remonte à 1994 quand il devient député démocrate de Californie. Le charisme aidant, son ascension est  alors très rapide.

Raz-de-marée électoral

En 2001, lors de sa première course à la mairie de Los Angeles, il tient, à la surprise générale la dragée haute à James Hahn, un autre démocrate, héritier d'une dynastie politique. Quatre ans plus tard, les deux hommes se retrouvaient donc mardi pour un nouveau duel. Face à un adversaire fragilisé à la fois par son faible bilan et par des accusations de corruption, Antonio Villaraigosa, soutenu par l'ancien maire républicain Richard Riordan, s'est imposé très facilement avec plus de 58% des suffrages, contre à peine 41%. Le chiffre est impressionnant, mais il est à relativiser en raison d'une abstention qui a avoisiné les 70% et d'une forte mobilisation de la communauté latino -47% de la population locale.

Quoi qu'il en soit, Los Angeles vient donc de se doter d'un maire d'origine hispanique pour la deuxième fois de son histoire. Le précédent remontait à… 1872, à l'époque où la ville, encore un simple poste avancé de la "frontière", ne comptait que 6 000 habitants et où Hollywood n'existait pas. Le 1er juillet, Antonio Villaraigosa prendra donc la tête de la deuxième ville des Etats-Unis et de ses 3,9 millions d'habitants avec comme objectif principal d'unifier ses différentes communautés, souvent ébranlées par les tensions raciales.

Le maire face aux promesses du candidat

Antonio Villaraigosa se retrouvera également rapidement face à de nombreux autres défis, la plupart faisant suite à ses promesses de campagne. Il a en effet annoncé son intention de réduire la criminalité en affectant plus de 1 300 officiers supplémentaires au célèbre L.A.P.D., de moderniser les transports en commun et notamment le métro, d'améliorer la qualité de l'environnement en réduisant la pollution et de redynamiser les écoles publiques dirigées par la mairie. Tout cela coûte cher, or il a rarement abordé comment il compte financer ces mesures. Certains craignent évidemment des hausses d'impôts.

Enfin, alors qu'il se présente comme le chevalier blanc de la lutte contre la corruption, il doit déjà faire face à des suspicions. Pendant sa campagne, il aurait en effet reçu des dons provenant d'employés d'un aéroport de Floride, a priori peu concernés par une élection municipale se déroulant à l'autre bout du pays.

(photo afp : Antonio Villaraigosa et sa femme)

Par Fabrice Aubert le 18 mai 2005 à 16:55
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