Liban : Aoun accueilli triomphalement

le 07 mai 2005 à 12h43 , mis à jour le 07 mai 2005 à 21h40

Des dizaines de milliers de personnes ont acclamé samedi le général Aoun à Beyrouth. Ce dirigeant de l'opposition chrétienne antisyrienne était rentré dans la matinée au Liban après 15 années d'exil en France.

[Expiré] [Expiré] liban beyrouth foule © AFP

Une véritable liesse. Le général chrétien libanais anti-syrien Michel Aoun a été acclamé par plusieurs dizaines de milliers de ses partisans à son arrivée samedi sur la place des Martyrs, dans le centre de Beyrouth, pour s'incliner sur la tombe de Rafic Hariri. Selon les organisateurs du rassemblement, les participants étaient plus de 200.000 personnes.

Brandissant des drapeaux libanais, vêtus de tee-shirts orange, les couleurs du Courant patriotique libre (CPL) et entonnant des chants patriotiques, la foule composée principalement de jeunes a laissé exploser sa joie et certains des participants ont éclaté en sanglots.

"Se débarasser du féodalisme politique"

Le général Aoun s'est ensuite adressé à la foule derrière une vitre pare-balles après avoir salué des députés de l'opposition venu l'accueillir. "Je suis revenu après quinze ans parmi les miens et après que ceux qui ont cherché à m'anéantir ont échoué et n'ont pas réussi à obtenir que je trahisse ma patrie", a-t-il affirmé. Et d'asséner : "Il faut qu'il y ait une émancipation des mentalités, se débarrasser du féodalisme politique et du système confessionnel qui est hérité du 19ème siècle".

Chef d'un gouvernement de militaires chrétiens de 1998 à 1990 qui avait proclamé une "guerre de libération contre la Syrie", le général Aoun avait refusé d'adhérer aux accords de Taëf (1989) qui avaient mis fin à la guerre civile libanaise arguant du fait que ses accords pérennisaient la présence militaire syrienne au Liban. Refusant de céder le pouvoir au président libanais, Elias Hraoui, élu avec le soutient de Damas, Aoun fut chassé du pouvoir par une offensive militaire syrienne et trouva refuge en France.

"Un jour de joie"

Le dirigeant de l'opposition chrétienne antisyrienne est rentré samedi après-midi à Beyrouth, arrivant de Paris après 15 années d'exil en France. "C'est un jour de joie (...) Je reviens alors que brille de nouveau le soleil de la liberté pour qu'on construise tous ensemble un nouveau Liban", a-t-il déclaré peu après son arrivée dans le salon d'honneur de l'aéroport. Aucun officiel n'était présent à l'aéroport pour accueillir le général Aoun, rentré au pays douze jours après le départ de l'armée syrienne, le 26 avril, qu'il avait combattue avant d'être forcé à l'exil.

Son retour a fait grincer des dents une partie de l'opposition antisyrienne, notamment celle dirigée par le chef druze Walid Joumblatt, qui l'a accusé de chercher à se donner le "beau rôle" dans le retrait syrien "alors que ce retrait est dû à l'assassinat de Rafic Hariri". "Ce n'est pas le Tsunami qui nous tombe sur la tête tardivement qui a apporté la libération, mais le sacrifice de Rafic Hariri", a déclaré samedi Walid Joumblatt.

Michel Aoun avait reconnu que l'assassinat de Hariri a accéléré le retrait syrien mais a estimé que ce retrait était devenu inéluctable après l'adoption du Conseil de sécurité de l'ONU de la résolution 1559, parrainée par les Etats Unis et la France.

(Image : des jeunes place des Martyrs, à Beyrouth, samedi 7 mai/AFP/RAMZI HAIDAR)

le 07 mai 2005 à 12:43
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