Le parlement espagnol autorise le dialogue avec ETA

le 17 mai 2005 à 20h24 , mis à jour le 17 mai 2005 à 20h30

Le gouvernement espagnol a été autorisé mardi à établir un "dialogue" avec l'organisation terroriste pour mettre fin à trente cinq ans de violence au Pays basque. Une condition est requise : que le mouvement séparatiste basque armé s'engage clairement à déposer les armes.

etat vignette eta terroriste logo etarras etarra terrorisme basque basques © INTERNE

Le but est de mettre fin à 35 ans de violence au Pays basque. Le parlement espagnol a autorisé mardi le gouvernement à établir un "dialogue" avec l'ETA à la condition que le mouvement séparatiste basque armé s'engage clairement à déposer les armes.

Tous les groupes parlementaires espagnols, à l'exception du principal parti d'opposition, le Parti Populaire (PP, droite), ont voté une résolution présentée par le Parti socialiste (au pouvoir) qui affirme que l'ETA "n'a pas d'autre perspective que se dissoudre et déposer les armes". La résolution a été approuvée par 192 voix pour, et 147 voix du PP contre, avec aucune abstention. La résolution, qui n'utilise pas le mot "négociation" mais seulement "dialogue", affirme que le terrorisme "est totalement incompatible avec la démocratie" et que "la violence ne peut être primée politiquement".

Plus de 800 morts

L'ETA, qui figure sur la liste européenne des organisations terroristes, revendique l'indépendance d'Euskal Herria, un Pays basque de l'Adour à l'Ebre, sur un territoire comprenant la région autonome du Pays basque espagnol, la Navarre et le Pays basque français. Les actions terroristes de l'organisation clandestine ont provoqué la mort de plus de 800 personnes depuis 1968.

A deux reprises, les espoirs d'une fin de la violence ont été déçus. En 1989, le gouvernement socialiste de Felipe Gonzalez a ouvert un processus de contacts en Algérie. En mai 1999, le gouvernement de droite de José Maria Aznar a entamé un processus de discussion avec l'ETA en Suisse, mettant à profit une trêve décrétée par l'organisation clandestine. L'ETA a repris ses attentats début 2000 après une trêve de quatorze mois.

La nouvelle initiative du gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero repose sur des principes semblables à ceux de 1999: avant d'entreprendre des contacts, l'ETA doit annoncer qu'elle dépose les armes. Les discussions ne porteront que sur la sortie de la violence, les questions politiques étant exclues.

"Le temps est venu de prendre la parole"

Les nationalistes basques radicaux appellent depuis plusieurs mois à l'ouverture d'un processus de paix pour mettre fin à la violence, mais ils n'ont pas renoncé aux actions violentes comme l'ont montré les quatre attentats attribués à l'ETA contre des sièges d'entreprises, qui ont fait trois blessés légers dans la nuit de samedi à dimanche au Pays basque espagnol.

En janvier dernier, l'ETA et son bras politique, le parti interdit Batasuna, ont exprimé leur détermination à s'impliquer dans un règlement du conflit basque par le "dialogue politique" en faisant "disparaître les armes de la politique basque". Toutefois, l'ETA, engagée depuis 2004 dans une campagne d'attentats de basse intensité et dont le dernier attentat mortel remonte à mai 2003, n'a fait aucune référence explicite à un cessez-le-feu, estimant seulement que "le temps est venu de prendre la parole".

Les termes utilisés jusqu'à présent par l'organisation ont d'autre part montré qu'elle envisage une discussion politique avec le gouvernement central, alors que celui-ci veut limiter tout contact aux problèmes liés à la fin de la violence.

le 17 mai 2005 à 20:24
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