© DRLes autorités ouzbèkes reconnaissaient lundi matin 70 morts dans la ville d'Andijan où un mouvement populaire a été réprimé par les armes vendredi. Mais, plusieurs sources concordantes citées par les agences de presse avançaient un bilan de plus de 500 victimes. Cinq cents cadavres étaient déposés dans l'une des écoles d'Andijan, a précisé la responsable de l'ONG ouzbèke Animokour. Cent autres cadavres étaient disposés dans un collège professionnel, de même source. Des instituteurs ont dit avoir vu 500 corps au total dans différentes morgues. Toujours selon un responsable ouzbek, 70 "organisateurs de troubles" auraient été arrêtés.
Les réactions internationales à la répression sanglante du soulèvement ont continué dimanche. L'ONG Human Rights Watch a fustigé les autorités ouzbèkes pour avoir fait tirer sur "des personnes s'exprimant contre la pauvreté et les répressions" sous couvert de "guerre contre le terrorisme". L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe a également exhorté la direction ouzbèke à "prendre en considération les droits des personnes prises dans les troubles" et proposé une enquête sur les causes de ces troubles.
La Grande-Bretagne a dénoncé dimanche "les violations des droits de l'homme" et "l'absence de démocratie" en Ouzbékistan, par la voix de son ministre des Affaires étrangères. Le ministère des Affaires étrangères ouzbek a aussitôt réagi, exprimant sa "surprise", se demandant "d'où M. Straw savait que les forces de l'ordre avaient tiré sur les manifestants, alors que cela n'avait pas eu lieu".
L'ONU prête à intervenir |
Un camp de réfugiés a été ouvert dans le sud du Kirghizstan. C'est ce qu'ont annoncé dimanche les autorités kirghizes, qui se préparent, ainsi que l'ONU, à un afflux de réfugiés fuyant la région d'Andijan. Quelque 600 Ouzbeks, dont plusieurs blessés, avaient traversé en force samedi matin la frontière kirghize, près de la ville de Souzak, dans cette région de Djalal-Abad. Jerzy Skuratowicz, responsable du programme au développement des Nations unies (UNDP) au Kirghizstan, a confirmé à l'AFP qu'un camp avait été monté par les autorités, ajoutant qu'une mission du Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU avait été dépêchée dimanche dans la région de Djalal-Abad pour évaluer les besoins. "Il y aurait à peu près 600 réfugiés dans la région. Le gouvernement kirghize essaye de faire ce qu'il peut. Et pour le moment les autorités ont la capacité de gérer les choses", a-t-il déclaré. "Mais les services de l'ONU sont déjà en train de se préparer", en cas d'afflux plus important de réfugiés, a-t-il dit. "Nous ne savons pas encore quel en sera l'impact", a-t-il ajouté. |
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