
La capitale de la Birmanie a été secouée samedi matin par quatre explosions simultanées, confirmées par la junte militaire au pouvoir. La radio officielle a fait état de 11 tués et de plus de 160 blessés. Plusieurs dizaines de personnes ont été tuées, avaient indiqué un diplomate et des témoins ayant vu les corps des victimes, souvent terriblement mutilés.
Un de ces témoins, qui se trouvait à l'intérieur du centre commercial de Dagon, assure avoir "compté au moins 20 personnes mortes". "Certains avaient été décapités, d'autres n'avaient plus leurs membres", a-t-il précisé. Deux bombes ont explosé à cet endroit. Les deux autres explosions ont eu lieu, l'une au Trade Centre de Rangoun où la Thaïlande organisait une foire exposition bi-annuelle et l'autre dans un autre centre commercial, le Junction-8. Un diplomate a fait état de 3 tués dans le premier, un témoin dit avoir vu "au moins 40 corps" dans le second.
Attentats en série
Il était très difficile dans l'immédiat d'avoir une idée du bilan total, la police ayant immédiatement bouclé les grandes artères et rendu l'accès impossible à ces trois centres. Mais des chiffres circulaient évoquant plusieurs dizaines de morts dans les trois attentats. Samedi en milieu d'après-midi, cette action n'avait pas été revendiquée.
La Birmanie, dirigée par un gouvernement militaire extrêmement répressif, a connu ces derniers mois une série d'attentats à la bombe, essentiellement à Rangoun et menés avec des engins de faible puissance n'ayant pas fait pas de morts. Fin avril, deux femmes avaient été tuées et jusqu'à 16 personnes blessées par l'explosion d'une bombe sur le plus grand marché de Mandalay.
"Tous ceux qui ont des armes"
A la mi-mars, un petit engin avait explosé dans un hôtel du centre de Rangoun et n'avait pas fait de victimes. L'opération avait été revendiquée par un groupe de dissidents étudiants basé à la frontière birmano-thaïlandaise, les Vigoureux Guerriers Etudiants Birmans. Le groupe avait averti que d'autres actions suivraient si ses demandes n'étaient pas satisfaites, notamment la libération de tous les prisonniers politiques.
"Nous n'avons jamais eu le moindre résultat d'une quelconque enquête après tous les attentats ces deux dernières années", a déclaré samedi un diplomate occidental, ajoutant que les actions de samedi, si elles sont bien toutes criminelles, peuvent être imputées "à tous ceux qui ont des armes dans le pays".
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