Le ravisseur veut faire libérer sa mère

le 20 mai 2005 à 12h47 , mis à jour le 20 mai 2005 à 12h56

Le ravisseur présumé de la coopérante italienne enlevée lundi à Kaboul demanderait la libération de sa mère afin de la relâcher. C'est ce qu'ont affirmé vendredi plusieurs journaux italiens.

vignette otages irak

Les revendications du ravisseur présumé de la jeune coopérante italienne, disparue lundi à Kaboul, semblent évoluer. Citant les services secrets italiens, les journaux du pays indiquent que cet homme, qui s'est présenté sous le nom de Timur Shah, serait prêt à échanger "une femme contre une femme", Clementina Cantoni contre sa mère, incarcérée à la prison de Bagram. Cette dernière a été arrêtée il y a trois mois quand Timur Shah avait enlevé le fils d'un riche homme d'affaires afghan qui était mort lors de sa détention, raconte la Repubblica. Selon le journal de Rome Il Messaggero, la mère de Timur Shah a été arrêtée sous l'accusation de l'avoir aidé à fuir.

Les journaux ajoutent que le ravisseur a peu à peu abandonné ses autres revendications (la suspension d'une émission musicale de la télévision, la lutte contre le trafic d'opium et un soutien financier aux écoles coraniques) pour se contenter de celle concernant sa mère. Enfin, le Corriere della Sera et La Repubblica affirment que les enquêteurs ont délimité une zone de Kaboul, le quartier de Kartenaw, où Clementina Cantoni pourrait être retenue, grâce aux appels passés depuis son téléphone portable.

Aucune action sans l'accord de Rome

Jeudi, le président afghan Hamid Karzai avait assuré au chef de la diplomatie italienne Gianfranco Fini qu'aucune action ne serait entreprise pour libérer la jeune femme sans l'accord préalable de Rome. Pour montrer la mobilisation de l'Italie, un grand portrait de Clementina Cantoni a été accroché jeudi soir sur la façade du Capitole, l'hôtel de ville de Rome, à côté de ceux, plus petits, de la journaliste française et de son guide Hussein Hanoun, enlevés en Irak le 5 janvier.

Des portraits des deux opératrices humanitaires, Simona Torretta et Simona Pari, enlevées en Irak durant trois semaines en septembre 2004, et de la journaliste du quotidien de gauche Il Manifesto, Giuliana Sgrena, prise en otage du 4 février au 4 mars, avaient également été suspendus tout le temps de leur détention. Clementina Cantoni, 32 ans, est cadre de l'ONG Care International à Kaboul et dirige depuis septembre 2003 un programme de distribution de nourriture et de développement de micro-projets de commerce pour quelque 11.000 veuves de Kaboul et leurs enfants.

le 20 mai 2005 à 12:47
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