
Le ministre libanais de l'Intérieur Hassan Sabeh a annoncé lundi matin la victoire des listes du Courant du Futur, de Saad Hariri, fils de l'ancien Premier ministre assassiné Rafic Hariri aux législatives de Beyrouth qui se sont tenues dimanche. Saad Hariri et ses 18 colistiers ont remporté la totalité des sièges de la capitale. Neuf de ces candidats avaient été élus d'office, en l'absence ou après désistement des autres candidats. Il avait déjà annoncé dimanche soir que ses listes avaient remporté une "victoire totale" à Beyrouth. Cette victoire, comme il l'a lui-même reconnu, est notamment due à l'émotion suscitée par l'assassinat de son père en février.
La victoire de Rafic...
L'ampleur de cette victoire a été cependant gâchée par la faiblesse de la participation, bien que l'opposition avait espéré un soutien populaire massif après le départ de l'armée syrienne fin avril. Le succès de Saad Hariri est considéré comme un hommage à son père dont l'assassinat a accéléré le retrait militaire syrien après 29 ans de présence au Liban. Avant le scrutin, la liste de Saad Hariri avait remporté neuf sièges d'office. Cette liste électorale comprenait un candidat du Hezbollah, et deux chrétiens, dont l'épouse du chef de guerre Bachir Gemayel, assassiné en 1982 après avoir été élu à la présidence dans la foulée de l'invasion israélienne du Liban. Saad Hariri, qui a obtenu 39.499 votes, a proclamé que "c'était la victoire de Rafic Hariri...dont le sang n'aura pas été versé en vain", dimanche soir devant une foule de partisans. Des élections doivent encore se tenir les 5, 12 et 19 juin dans d'autres régions du Liban.
Premières élections libres depuis 33 ans
Il s'agit des premières élections législatives au Liban après le retrait syrien en avril, au bout de 29 ans de présence. Les trois précédentes assemblées depuis la fin de la guerre (1975-90) avaient toujours été dominées par les députés pro-syriens. La Syrie a été forcée à se retirer du Liban à la suite de l'assassinat de Rafic Hariri le 14 février, sous la pression de l'opposition, de la rue et de la communauté internationale, notamment les Etats-Unis et la France. Ces deux puissances et les Nations unies n'ont eu de cesse de réclamer que les législatives se déroulent dans les délais, malgré les réticences d'une partie de la classe politique libanaise qui préférait l'adoption par le Parlement d'une nouvelle loi électorale plus représentative.
Photo d'ouverture : début du dépouillement à Beyrouth - DR
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