
Les forces de sécurité américaines sont manifestement en alerte ces derniers jours. Moins de 24 heures après une évacuation de la Maison Blanche et du Congrès à cause de la présence d'un Cessna dans la zone aérienne interdite, une nouvelle alerte a été signalée jeudi soir. Un vol de la compagnie Air-France reliant Paris à Boston a été dérouté vers Bangor (Maine, nord-est), où il a atterri vers 20h30, heure française. Des agents du FBI, de la TSA et de la FAA (aviation civile américaine) étaient présents à l'arrivée de l'avion. Jusqu'à l'atterrissage, aucun incident n'a été signalé à bord. La raison de cette demande américaine : des soupçons sur l'identité d'un passager, dont le nom figurerait sur une liste noire établie par les autorités américaines.
Homonymie
Après avoir été longuement entendu par des agents des douanes et de la protection des frontières, le passager a été relâché et autorisé à pénétrer sur le sol américain. "Cette personne ne présente aucun intérêt pour le FBI", a déclaré un porte-parole de la police fédérale. Et pour cause, il s'agissait d'un homonyme ! Son nom et sa date de naissance concordaient avec ceux d'un terroriste potentiel figurant sur la liste d'interdiction de vol. L'avion d'Air France (vol AF-332) sera finalement resté à Bangor durant environ une heure et 40 minutes avant de pouvoir décoller à destination de Boston (nord-est), où il s'est posé vers 16H40 (20H40 GMT).
Précédents
Comment une telle situation a-t-elle pu advenir, malgré les contrôles renforcés dans les aéroports ? A l'embarquement à l'aéroport Charles De Gaulle, les autorités françaises "ne se sont pas aperçues que le nom de cette personne figurait sur la liste", a précisé la source officielle de la TSA. Après le décollage, Air France a transmis, selon la procédure habituelle, la liste des passagers aux autorités américaines qui ont découvert vers 10H30 (16H30, heure française) le nom d'un passager sur la liste noire. Ils ont alors contacté la compagnie et le commandant de bord de l'appareil pour lui donner l'ordre de se poser à l'aéroport de Bangor, selon le même source.
Cet incident n'est pas le premier du genre. En septembre 2004, le chanteur britannique Cat Stevens, à bord d'un vol à destination de Washington, avait déjà été dérouté vers Bangor pour la même raison. Le nom du chanteur, qui se fait appeler Yusuf Islam depuis sa conversion à la religion musulmane en 1977, figurait également sur la liste noire américaine. Stevens avait été détenu pendant près de 24 heures en tant que "risque pour la sécurité nationale" américaine avant d'être renvoyé à bord d'un avion, en partance pour Londres.
Par ailleurs, les listes établies par les services américains omettent parfois de mentionner tous les prénoms nécessaires, ce qui a pu déjà donner lieu à des confusions, et à des vols déroutés par erreur... En décembre 2004, un vol américain reliant Bogota à Atlanta (Géorgie, sud) avait été dérouté vers un aéroport militaire de Floride (sud-est) après la découverte par les autorités d'une similitude entre le nom d'un passager et celui d'un terroriste recherché. Interrogé pendant cinq heures par des agents fédéraux, le passager suspect avait finalement été innocenté.
Photo d'ouverture : l'atterrissage du vol AF332 à Bangor, jeudi - DR
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