© INTERNELes hasards du calendrier rendent parfois des discours plus importants et intéressants que d'autres. Généralement, la traditionnelle intervention du futur président de l'Union européenne pour six mois devant les eurodéputés passe presque inaperçue. Cette année, elle est attendue avec impatience et sera scrutée avec attention par tous les observateurs.
Quelques jours après avoir mis la Constitution sous perfusion et s'être montré inflexible sur le maintien de son "rabais" lors du sommet de Bruxelles, au lendemain de nouvelles joutes avec Jacques Chirac sur la PAC, c'est en effet Tony Blair qui prendra la parole, puisque le Royaume-Uni occupera la présidence tournante de l'UE du 1er juillet au 31 décembre.
"Echec des critères de Lisbonne"
Europe sociale ou libérale, intégration politique ou simple zone de libre-échange, diminution ou non du budget de la PAC : le Premier ministre britannique va pouvoir défendre sa vision du futur. En une semaine, il en effet devenu le "croisé" d'une Europe modernisée, qu'il veut en phase avec le 21e siècle, avec des dépenses consacrées en priorité à l'emploi, à la recherche et à l'éducation, et non plus à l'agriculture.
Pour justifier le besoin de changement, le locataire de Downing Street devrait notamment insister sur l'absence de réussite économique de l'UE. Selon Jack Straw, son ministre des Affaires étrangères, il va souligner que les objectifs définis à Lisbonne en 2000 en termes de prospérité "n'ont pas, à quelques exceptions particulières, dont le Royaume Uni, été atteints". Pour le secrétaire au Foreign Office, c'est "ce manque de réussite du projet économique européen qui est derrière certains des autres mécontentements, y compris celui auquel nous faisons face sur le budget européen".
(photo d'archives : Tony Blair)
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