© DRPresque une exhortation. Une semaine avant le sommet de Bruxelles, qui sera consacré en partie au budget de l'UE pour 2007-2013, Jacques Chirac a appelé vendredi les Européens, et en particulier les Britanniques, à "faire un effort" pour parvenir à un accord.
Le président français, qui s'exprimait à l'issue d'un entretien à l'Elysée avec le chancelier allemand Gerhard Schröder, a notamment demandé au Royaume-Uni d'accepter une remise en cause de la "ristourne" dont il bénéficie depuis 1984. "Nos amis britanniques doivent prendre conscience de l'évolution des choses et de la nécessité d'une plus grande équité dans les charges que chacun supporte", a déclaré le chef de l'Etat. Ce principe d'équité, a-t-il souligné, vise "la technique aujourd'hui ancienne du 'chèque britannique'".
PAC contre "rabais"
Tony Blair, le Premier ministre britannique, a affirmé à plusieurs reprises qu'il était hors de question de supprimer ce rabais. Selon lui, même avec cette disposition, le Royaume-Uni verse ainsi plus que d'autres pays, notamment la France. Vendredi, il a néanmoins fait un pas avant, liant par avance d'éventuelles concessions de sa part à des concessions de la France sur la Politique agricole commune -l'accord conclu en octobre 2002 a sanctuarisé les aides aux agriculteurs jusqu'en 2013 et la France en est le premier bénéficiaire.
"Ayons véritablement un débat de fond sur l'avenir de l'Europe, sur l'avenir du financement de l'Europe et nous pouvons tout discuter dans ce contexte. Si les gens veulent examiner à nouveau fondamentalement la PAC, on pourra bien sûr tout réexaminer à fond" a-t-il lancé. "Ce que l'on ne peut pas faire, c'est de prendre une partie du débat et de dire que tout est lié au rabais britannique, et ne pas avoir l'autre partie du débat" a-t-il ajouté. Réponse de Jacques Chirac : "Je ne suis pas disposé à transiger" sur la PAC.
Se rassembler
Concernant la crise engendrée par les "non" français et néerlendais à la Constitution, Jacques Chirac et Gerhard Schröder se disent "tous les deux d'accord pour réaffirmer combien l'Union européenne (...) a besoin avant tout de se rassembler et de réfléchir".
Et comme samedi dernier à Berlin, ils ont plaidé pour la poursuite du processus de ratification. C'est donc la position commune qu'ils défenderont la semaine prochaine devant leurs partenaires.
| Le "non" monte encore au Portugal et au Luxembourg |
Au Luxembourg, le rapport de force est de 55-45 pour le "oui", soit une nouvelle montée du "non" de 4 points. |
(Gerhard Schröder et Jacques Chirac vendredi à l'Elysée/DR)
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