Budget dans l'impasse, sommet prolongé

le 17 juin 2005 à 12h34 , mis à jour le 17 juin 2005 à 22h00

Après la Constitution, les leaders de l'UE examinent à Bruxelles le budget pour la période 2007-2013. Les discussions, qui devaient se terminer dans la soirée, se sont poursuivies en raison du bras-de-fer Chirac-Blair sur la PAC et le "rabais britannique".

chirac blair sommet de bruxelles

Après la Constitution, le budget. La seconde journée du sommet européen de Bruxelles était en effet consacrée à l'élaboration du budget de l'UE pour la période 2007-2013. Montant global, PAC, "rabais britannique" : les sujets de discorde ne manquaient pas, notamment entre la France et le Royaume-Uni.

Et l'affrontement prévisible entre Jacques Chirac et Tony Blair a bel et bien eu lieu.  Les deux hommes ont en effet en grande partie campé sur leurs positions. D'un côté, le chef de l'Etat a une nouvelle déclaré que "l'avenir du chèque britannique après 2013 ne doit être en aucun cas être conditionné à une révision des dépenses agricoles". De son côté, Tony Blair a rabâché que son "rabais" "reste pleinement justifié" et "que sa "position n'a pas changé".

Suspension avant reprise

Face à cette double intransigeance, la présidence luxembourgeoise a suspendu le sommet pendant quelques heures dans le courant de l'après-midi pour tenter d'arracher un accord dans des négociations bilatérales.

Un peu avant la reprise, intervenue à 20h, la France a légèrement assoupli sa position en proposant, non plus la suppression du "rabais britannique", mais son simple gel à son niveau annuel actuel, soit 4,6 milliards d'euros. Refus catégorique de Tony Blair.

Bref, le sommet, qui devait s'achever dans la soirée, s'est poursuivi avec le spectre d'un échec.

L'Europe pas assez protectrice, selon Sarkozy


En visite dans les entreprises du pays de Vitré (Ille-et-Vilaine), touché ces dernières années par de nombreuses délocalisations vers les pays de l'Est et la Chine, Nicolas Sarkozy a dénoncé vendredi le dumping fiscal de certains pays d'Europe centrale et l'ouverture "naïve" des frontières et plaidé pour une Europe plus protectrice. Il a expliqué aux salariés qu'il était un partisan de la mondialisation mais qu'il n'acceptait pas "la concurrence déloyale". "Quand l'Estonie met l'impôt sur le bénéfice des sociétés à 0%, je n'accepte pas que l'Estonie, dans le même temps, demande aux autres pays d'Europe de payer des subventions pour elle. On ne peut pas être suffisamment riche pour supprimer ses impôts et se prétendre tellement pauvre qu'on a besoin des subventions des autres", a notamment déclaré le ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire.

Il a également critiqué la politique du commissaire européen au Commerce Peter Mandelson, estimant que l'ouverture du marché européen à la Chine ne s'était pas faite sur la base de la réciprocité. "Je suis pour la réciprocité. 'Tu ouvres, j'ouvre. Tu fermes, je ferme'", a-t-il déclaré, ajoutant que la Chine devait faire le premier geste. "Nous, on ouvre d'abord. On envoie Mandelson, qui constate les dégâts. le temps que ça aille de son cerveau à sa plume, il s'est passé des mois. Le temps que ça aille de sa plume à la décision, il se passe encore des mois. Et le temps que la décision passe du principe à la réalité, encore des mois. Ces mois ce sont des dizaines de milliers d'emplois qui sont délocalisés et qui sont détruits. Ce n'est pas l'Europe que nous voulons", a-t-il ironisé, plaidant pour la mise en place d'une préférence communautaire en matière commerciale.

(photo : Tony Blair et Jacques Chirac, ce matin)

le 17 juin 2005 à 12:34
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24 Commentaires

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  • Saint-marc, le 17/06/2005 à 19h21

    Préparez vos mouchoirs, on a pas fini de rigoler. Le NOn était une bombe à retardement.

  • Nico P., le 17/06/2005 à 18h56

    Voici les conséquences de l'élargissemnet à tout prix, sans le consentement des citoyens, ni même sans avoir fixé de règles. Espérons que cela sera autrement avant l'arrivé de la Turquie en Europe, cette dernière ne va pas se géner pour nous mettre des batons dans les roues.

  • Xavier, le 17/06/2005 à 18h51

    A tous ceux qui pensent que c'est le "non" qui est la cause de ce marasme, je dis ceci : depuis le début, l'Europe est batie sur des fondations plus que poreuses. On ne sait pas rééllement, qui de la commission ou du parlement, a le plus de pouvoir. C'est une gigantesque tour d'ivoire technocratique et bureaucratique, à des années lumières des réalités quotidiennes des européens. On accepte de nouveaux membres à foison, sans réflechir aux difficultés que celà pose d'accepter des pays qui n'ont pas encore digéré leurs révolution (15 ans après, l'Allemagne a toujours du mal à digérer l'intégration de l'ex-RDA), tout ça pour contrebalancer la Chine et les USA... Le "non" aura permis de mettre en exergue que l'Europe est un édifice bati sur rien de solide, et en celà, je suis fier d'avoir rejeté le traité, si ça permet enfin de construire une Europe un peu plus consistante, et pas un vaste légo anti américain.

  • Dan, le 17/06/2005 à 18h50

    Que nous ayons voté "oui" ou "non" n'a strictement rien à voir avec ce qui se passe en ce moment, c'est une discussion classique sur le budget ou s'affrontent, traditionnellement les égoïsmes nationaux....Et même la constitution applicable dans quelques années n'y aurait rien changé....Arrêtons le délire...!!!!!

  • Rob, le 17/06/2005 à 18h24

    Rassurez-vous l'influence de leurre-op ce n'est pas les 3%du PIB -bientot 1%-dont une grosse partie va effectivement a l'agriculture française mais bien les regles et reglements qui orientent les budgets etatiques et regionaux.Cela a permit aux allemands de prendrent l'industrie pendant que les anglais faisait main basse sur les finances.Et les sommes en jeu sont bien plus colossales que l'agriculture française.A quand un vrai bilan?Notre pauvreté salariale permet de financer une armée qui devrait devenir la base de la defense(independante si les demandes des nonnons s'impose,americaine si les ouiouistes donne le commandement a l'otan comme prevu sur la constitution )europeenne.

  • Robert Montagna, le 17/06/2005 à 18h17

    En tant que français, je suis gêné par l'attitude de notre président qui défend une position intenable et se croit porteur du message des défendeurs du non, sans tenir compte de ceux qui l'ont soutenu en votant oui. Nous assistons, impuissants, à un spectacle navrant digne de marchands de soupe. Il ne faut pas être étonné que le peuple ait perdu tout respect pour l'Europe. Je suis obligé de constater que si la France perd beaucoup, l'Europe a tout a gagner à se passer de nous.

  • Robert, le 17/06/2005 à 18h01

    Oui on peut etre fier de faire apparaitre les contradictions d'une europe mediocre,courtisane,egoiste,petiniste.Le debat entamé va permettre de remettre les pendules a l'heure pour tout le monde.Ceux qui trop egoiste couleront l'europe actuelle seront exclus des prochains accords et tant mieux.Il vaut mieux etre fort exterieurement,en confiance interieurement(mais realiste)avec une politique pour le bien etre des populations indigénes avec une vision de l'avenir realiste ou des pouvoirs politiques controlés reprendront les commandes et s'imposeront.

  • Stef, le 17/06/2005 à 17h50

    Le débat des 5% de la populations bénéficiaire me parait malsait car on sait que sans les aides il n'y aura plus d'agriculteurs en europe (a court terme pour l'europe de l'ouest et à moyen terme pour l'Est). Sachant qu'il y a des secteurs où il n'y a absolument pas besoin d'aide (rentabilité suffisante ou absence de concurrence), pourquoi ne plus accepter d'aides aux secteurs necessiteux ? La GB a fait le choix (peut etre le bon, qui sait ?) de ne plus avoir d'agriculteurs (avec les consequences vache folle que l'on connait => l'origine du developpement des prions est economique, les anglais n'ont plus brulé les carcasses aux temperatures recommandées par les services sanitaires) maintenant les Anglais sont ils prêts à acheter leur blé au kasakstan ou en Inde dans 10 ans ? La PAC permet a toute l'Europe de manger des produits européens avec un controle sanitaire important. C'est un élément stratégique indispensable de la souverenneté européenne ! Cela ressemble à un calcul rentable à très court terme mais avec un risque facheux sur le long terme ! Les anglais n'ont ils pas fait machine arrière sur les transports privatisés ? Retournons la questions au Anglais sur leur choix de l'origine des aliments ! Tant pis si c'est en France qu'il y a le plus d'agriculteurs ! Après tout ils ont le secteur bancaire que nous n'avons pas ! L'Europe doit être un équilibre.

  • Thierry, le 17/06/2005 à 17h40

    Au fait M. Fabius, où est-il ce fameux "plan B"? Avoir poussé les Français à voter "NON" en cultivant leurs peurs n'aura finalement pour résultat que de retarder l'adoption de ce traité/constitution. Bref, on va encore perdre 5 à 10 ans pour rien... Mais c'est pas grave : tout le monde sait que l'Europe est surpuissante et peut se permettre ce type de famtaisies.

  • Heureux, le 17/06/2005 à 17h39

    Enfin je suis fier d avoir voté non, nous allons tout avoir sur la table et il n'y a rien de mieux pour repartir à zero avec les memes regles du jeux pour tous. vive le liberalisme et vive la nouvelle europe!

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