© afpLes Britanniques sont très friands des coulisses de la vie politique, et notamment celle de Downing Street. Cherie Blair, l'épouse de Tony Blair, l'a très vite compris. Elle a par exemple écrit "Bocal à poisson rouge" ("The Goldfish Bowl"), un livre sur le rôle ingrat des épouses de Premier ministre. Elle avait signé "Cherie Booth", son nom de jeune fille qu'elle utilise notamment dans sa vie professionnelle d'avocate.
Elle donne également régulièrement des conférences dans lesquelles elle révèle des anecdotes croustillantes sur la vie de la famille Blair. Montant moyen de sa prestation : 30 000 livres (environ 42 000 euros). Lundi, elle était ainsi à Washington. Mais le diner-entretien qu'elle a donné au Kennedy Center est en passe de devenir une affaire d'Etat outre-Manche.
Dans un courrier au ministre des Affaires étrangères Jack Straw, le parti conservateur a en effet vivement critiqué l'intervention de David Manning, l'ambassadeur britannique aux Etats-Unis, en ouverture de cette conférence. Les "tories" demandent l'ouverture d'une enquête sur la raison de la présence d'un "haut fonctionnaire" dans un événement "purement commercial".
Cherie Blair ou Cherie Booth ?
De son côté, la presse britannique fait remarquer qu'invitée à prendre la parole en qualité de "Première dame de Downing Street", l'épouse du Premier ministre s'est clairement exprimée en tant que Cherie Blair et non pas Cherie Booth. Les services de Tony Blair, présent à Washington mardi pour rencontrer George W. Bush, avaient en effet affirmé que l'intervention de Cherie Blair était "un engagement privé". "Elle voyage indépendamment du Premier ministre. Et si le Premier ministre et son épouse sont en même temps à Washington, c'est une coïncidence" soulignait Downing Sreet.
En réponse à ses critiques, Cherie Blair a accusé ses détracteurs de sexisme. "Dennis Thatcher (ndlr : le mari de Margaret Thatcher) avait des intérêts dans les affaires. Mais personne n'avait rien trouvé à redire" a-t-elle souligné. Pour sa part, interpellé par les journalistes au moment de quitter la capitale américaine, Tony Blair, visiblement excédé, a refusé de répondre : "je ne crois pas que je puisse dire quoi que ce soit qui arrange les choses" a-t-il lâché.
(photo d'archives afp : Cherie Blair)
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