© INTERNELe référendum visant à faciliter la procréation assistée en Italie a échoué lundi en raison du faible taux de participation des électeurs, appelés par l'Eglise catholique à bouder les urnes. La participation a été inférieure à 30%, selon les premiers résultats partiels du ministère de l'Intérieur, alors qu'au moins 50% des électeurs devaient se prononcer pour que le résultat de la consultation soit validé. Les opérations de vote se sont déroulées lundi aussi timidement que la veille, quand le taux de participation (18,7%) laissait clairement présager que le quorum ne serait pas atteint.
Loi bioéthique : les principales propositions du rapport Leonetti
Non aux mères porteuses, recherches sur l'embryon soumises à dérogations... Les propositions de Jean Leonetti, rapporteur de la mission parlementaire sur la révision des lois bioéthiques doivent être votées mardi par les députés membres de la mission.
Publié le 19/01/2010
L'Eglise catholique a pesé de tout son poids pour faire échouer ce référendum. Le président de la conférence épiscopale italienne, le cardinal Camillo Ruini, avait appelé à l'abstention, soutenu par le pape Benoît XVI au nom du "caractère sacré de la vie dès la conception". Mais le fort taux d'abstention peut s'expliquer aussi par la complexité des questions posées. De plus, au moins un Italien sur quatre ne participe à aucun scrutin depuis plus de dix ans.
Complexité des questions et faible mobilisation du corps électoral
La ministre de l'Egalité des chances, Stefania Prestigiacomo, très engagée pour le "oui", n'a pas caché sa désillusion : "Nous pouvions parvenir à une loi plus juste. Mais non. Nous gardons une loi pleine d'erreurs, arriérée. Pauvres femmes". Partisan du "oui", le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Margherita Boniver, a dénoncé l'appel de l'Eglise, mais souligné que l'échec était aussi dû à la faible mobilisation des électeurs. "On ne peut pas dire que les 70% d'abstentionistes ont été influencés par le diktat de l'Eglise", a-t-elle déclaré sur Sky Italia. "Ce serait faire trop d'honneur au cardinal Ruini de penser que 70% des Italiens ne sont pas allés voter pour obéir à son appel", a renchéri l'ancienne ministre de la Santé, Rosy Bindi. Emma Bonino, une des promotrices du référendum, a assuré pour sa part : "nous n'abandonnerons pas la bataille".
Les électeurs italiens étaient consultés pour faire modifier la législation sur la procréation assistée adoptée par le Parlement en février 2004. La loi oblige de nombreux couples italiens à entreprendre de coûteux voyages à l'étranger pour tenter d'avoir un enfant malgré leur stérilité. Les électeurs devaient s'exprimer sur quatre questions : peut-on congeler les embryons et mener des recherches médicales sur ces derniers, faut-il retirer de la loi la disposition qui accorde un statut à l'embryon, le recours à un donneur extérieur au couple doit-il être autorisé lors de la fécondation in vitro, et, enfin, les obligations de produire un maximum de trois embryons et de les implanter immédiatement dans l'utérus de la mère sans rechercher d'éventuelles maladies génétiques doivent-elles être maintenues ?
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