le nouveau président iranien Ahmadinejad © LCISes proches parlent d'un tsunami électoral. Vendredi, au second tour de l'élection présidentielle, l'ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad a rassemblé sous son nom plus de 61% des suffrages. La participation serait de 56%, soit moindre qu'au premier tour.
Ahmadinejad, inconnu avant de devenir maire de Téhéran en 2003, est un des rares laïcs à s'être hissé au sommet de l'Etat. Mais ce petit homme en costume sombre, la barbe impeccablement taillée, prêche un strict respect des valeurs islamiques ainsi que l'intransigeance envers les Occidentaux, notamment sur la question de l'arme nucléaire. A comparer, son adversaire malheureux, Rafsandjani, pourtant religieux, était considéré comme un modéré.
"Déphasé"
La réaction de Washington ne s'est d'ailleurs pas fait attendre. Les Américains ont jugé que la République islamique est plus que jamais "déphasée par rapport au reste de la région et aux tendances actuelles vers la liberté si visibles en Irak, en Afghanistan et au Liban". Ils ont exprimé leur scepticisme "sur la fait que le régime iranien puisse se préoccuper des aspirations légitimes de son propre peuple comme des inquiétudes de la communauté internationale". Washington a rompu ses relations avec Téhéran en 1980.
Les manières simples d'Ahmadinejad, sa réputation de musulman pieux et son discours populiste lui ont attiré une forte sympathie dans les milieux défavorisés. "Je suis fier d'être le petit serviteur, le balayeur des rues de la nation iranienne", avait-il encore déclaré au moment de voter, avant de rendre hommage à "l'imam Khomeiny et ses fidèles" et aux "martyrs de l'islam et de la liberté".
"Enormes irrégularités"
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| Ahmadinejad : "retrouver la pureté de la Révolution" (LCI) |
Issu d'une nouvelle génération de conservateurs qui ont remporté les élections municipales et législatives de 2003 et 2004, l'homme est un ancien membre des forces spéciales de l'armée idéologique, les Gardiens de la Révolution.
Le camp de Rafsandjani a dénoncé "d'énormes irrégularités". Des observateurs ralliés à Rafsandjani dans les bureaux de vote auraient été arrêtés, certains battus, selon un chef de la campagne de l'ancien président. Après le premier tour, les adversaires d'Ahmadinejad avaient déjà évoqué des bourrages d'urnes, des achats de voix, des pressions sur les électeurs et la mobilisation en sa faveur de l'armée idéologique et de la milice islamiste.
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