Iran : Rafsandjani le modéré ou Ahmadinejad le conservateur ?

Par D'après AFP, le 24 juin 2005 à 15h41 , mis à jour le 24 juin 2005 à 22h07

Les Iraniens ont voté vendredi pour choisir leur président. Le second tour de l'élection opposait l'ancien président Akbar Hachémi Rafsandjani au maire de Téhéran Mahmoud Ahmadinejad. La bataille s'annonce serrée. Les résultats devraient être connus samedi.

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L'Iran a entamé vendredi soir le décompte des voix de la présidentielle pour départager deux candidats, un religieux modéré et un laïc ultra-conservateur, confiants en la victoire à l'issue du scrutin le plus imprévisible et peut-être le plus crucial sous la République islamique.

Les 47 millions d'électeurs iraniens de plus de 15 ans ont voté vendredi pour choisir leur prochain président. D'un côté, l'ancien président Akbar Hachémi Rafsandjani, religieux modéré. De l'autre, le maire de Téhéran Mahmoud Ahmadinejad; laïc ultra-conservateur. Le scrutin, dont l'issue s'annonce totalement imprévisible, risque de décider de la poursuite ou non des réformes et des rapports avec l'Occident.

"Pureté"

Akbar Hachémi Rafsandjani a promis de poursuivre la libéralisation sociale, de "défendre efficacement les droits de l'Homme", de privatiser une économie ultra-étatisée. Il est "logique", pour celui a déjà dirigé le pays entre 1989 à 1997, que les ennemis iraniens et américains "règlent leurs problèmes".

Mais depuis la sensation causée au premier tour par Mahmoud Ahmadinejad, l'élection s'est transformée en un vote pour ou contre le maire de Téhéran. Inconnu avant de prendre les rênes de la capitale en 2003, ce dernier est un pur et dur. Il prêche un strict respect des règles islamiques et exalte la "pureté" des premières années de la Révolution. "Il faut choisir vendredi un gouvernement courageux dévoué au parti de Dieu (hezbollah)" a-t-il lancé jeudi quelques heures avant la fin d'une campagne entachée par les agressions, les calomnies et les relents de fraude. Il refuse notamment une reprise des relations "imposée" par les Etats-Unis et dénonce les menées "impérialistes" des occidentaux.

Résultats samedi

Conséquence : un front du refus s'est formé autour de Rafsandjani, qui a reçu le soutien de personnalités réformatrices, de grands ayatollahs, de dirigeants économiques, d'intellectuels et artistes, d'étudiants etc. A l'opposé, les déclarations de Mahmoud Ahmadinejad lui ont acquis une forte sympathie chez les pauvres. Avec ses allures de monsieur tout le monde, il jouit auprès de beaucoup d'une image d'homme simple vivant d'un salaire d'enseignant, bon musulman dénué d'ambition personnelle, tandis que son adversaire est volontiers décrié comme un homme de pouvoir et l'une des plus grandes fortunes d'Iran.

Les résultats devraient être connus samedi.

(photo : Rafsandjani, à gauche ; Ahmadinejad, à droite)

Par D'après AFP le 24 juin 2005 à 15:41
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1 Commentaires

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  • Eric, le 24/06/2005 à 13h48

    Appeler rafsandjani un "réformateur modéré", c'est vraiment fumer la moquette. La notion locale de modéré me fait doucement rigoler. Quoi qu'il en soit, j'espère que l'autre excité sera élu, car dans ce cas on ira clairement droit à la guerre (que les français se rassurent, ils ne feront rien, comme toujours), et comme de toutes façons on ne l'évitera pas, autant que la situation soit bien claire au plus vite.

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