© afp- LES CANDIDATS
Un favori
Ali Akbar Rafsandjani est un dirigeant incontournable de la République islamique depuis la Révolution. Il insiste sur son expérience de chef d'Etat et tente de convaincre que, malgré ses 70 ans, il est à l'écoute de la jeunesse, en essayant de se donner une image de Père de la nation.
Deux outsiders
Le conservateur Mohammad Qalibaf a tenté de faire oublier son passé d'officier de l'armée idéologique et de chef de la police, poste auquel il n'a pas laissé un bon souvenir aux étudiants.
Le réformateur Mostafa Moïn a été disqualifié avant d'être remis en course. La déception suscitée par le président réformateur sortant, Mohammad Khatami, le promettait à la défaite mais ses partisans jurent d'un regain d'enthousiasme
Quatre autres participants
Les conservateurs Mahmoud Ahmadinejad et Ali Larijani et les réformateurs Mehdi Karoubi et Mohsen Mehralizadeh ne devraient a priori guère entretenir d'espoirs.
- LE SCRUTIN
Participation moyenne ?
Les sondages estimaient que l'abstention avoisinerait les 50%. Déçus, beaucoup de ceux qui avaient porté Khatami au pouvoir, semblent enclins à ne pas se déplacer. S'ils changeaient d'avis, Moïn peut espérer. Le régime espère une forte participation pour affirmer une légitimité contestée par les "ennemis" de l'étranger.
Vers un second tour
Le résultat du premier tour devait être connu samedi. Même si Rafsadanjani était favori, un second tour semblait se profiler, pour la première fois en huit élections présidentielles. Il aurait alors lieu le 24 juin ou le 1er juillet.
- LES THEMES DE CAMPAGNE
Amérique
Beaucoup d'Iraniens souhaitent la reprise des relations avec le "Grand Satan", rompues depuis 1980 après la Révolution islamique. Moïn ne met pas de condition à l'ouverture de discussions, les conservateurs beaucoup sans exclure catégoriquement de renouer des contacts. Entre les deux, les partisans de Rafsandjani expliquent que son passé en fait le plus compétent sur la question.
Nucléaire
Préoccupation majeure de la communauté internationale, la question a fait l'objet dans la campagne d'une sorte de consensus sans accroc et de mise en sourdine. On se contente des déclarations de principe sur le droit de l'Iran au nucléaire, dans le souci évident de ne pas politiser l'affaire et ne pas menacer les délicates négociations avec les Européens. Hors campagne, il y a l'instransigeance des ultras, le pragmatisme de Rafsandjani dont les négociateurs iraniens sont des proches, et l'insistance de Moïn sur la nécessité d'apaiser les inquiétudes internationales.
Chômage et inflation
Ces deux fléaux reviennent sans cesse dans la bouche des Iraniens quand on leur demande les chantiers prioritaires du prochain président. -
Jeunesse et libertés
La libéralisation sociale de l'ère Khatami semble difficile à remettre en cause sans provoquer la colère de la jeunesse omniprésente, qui représente un poid considérable puisque le droit de vote est acquis dès 16 ans. Tous les candidats se sont voulus rassurants. Mais il y a loin entre trois anciens officiers de l'armée idéologique et Moïn.
Prisonniers politiques
Les réformateurs demandent leur libération. Rafsandjani laisse la porte ouverte. Les conservateurs nient qu'il y ait des prisonniers politiques en Iran.
Constitution
Moïn remet en cause les prérogatives exorbitantes du Guide, et la place des omnipotents conseils non élus, qui ont pratiqué l'obstruction systématique aux réformes. Pour les conservateurs, ces pouvoirs sont intouchables.
Radicalisation, militarisation
De nombreuses mises en garde ont été lancées au cours de la campagne contre une immixtion du militaire dans la présidentielle.
(photo afp : Ali Akbar Rafsandjani)
Retour MYTF1
Chargement en cours...





