© AFPAu sud, les forces loyalistes fidèles au régime du président Gbagbo. Au nord, les rebelles. Entre les deux, un territoire tampon appelé "zone de confiance" sous le contrôle des forces internationales de l'ONU et de l'opération française Licorne.
Près de cette zone, la ville de Douaké située dans le territoire contrôlé par les loyalistes. C'est au nord de cette commune, située à l'ouest de la Côte-d'Ivoire qu'ont lieux des affrontements interethniques chroniques. Des tensions tribales attisées par les batailles pour les terres agricoles –la région produit du cacao, principale richesse du pays- et exacerbées par la guerre civile. Au moins 60 personnes ont été tuées en moins de 48 heures.
Tueries
Dans la nuit de mercredi à jeudi, une dizaine de personnes en majorité d'ethnie dioula ont été tuées chez elles. Hommes, femmes, enfants, vieillards abattus à la kalachnikov. Ces meurtres ont été perpétrés en pleine nuit alors que les autorités locales ont décrété il y a quelques jours un couvre-feu de 19H00 à 6H00 du matin. "Je note une complicité et une mauvaise volonté des forces de l'ordre car toutes ces tueries se sont déroulées en plein couvre-feu", s'insurge un jeune homme de 18 ans sous couvert de l'anonymat.
La fuite des populations
Il y a deux jours, une cinquantaine de personnes avaient péri, tuées par armes à feux ou brûlées vives. "Ils ont tiré sur tout ce qui bougeait avant d'achever leurs victimes à l'arme blanche. Certains avaient été enfermés dans des cases auxquelles les assaillants ont mis le feu", a raconté le lieutenant-colonel André Gouri, le commandant de cette zone cité par le journal Le Monde. Les victimes sont tous des Guérés, une ethnie politiquement proche du camp présidentiel. L'identité des assaillants n'est pas connue.
La tension était très perceptible jeudi matin dans la ville qui se vide de ses habitants. Les commerces, les banques, la poste et les stations d'essence sont restés fermés. Par petits groupes, baluchons sur la tête, des centaines de personnes, en majorité des femmes et enfants, fuient à pied leur quartier de Dogehi (peuplé de Dioulas) pour aller se réfugier dans le village voisin de Guessabo, à une trentaine de kilomètres. Près de deux mille personnes d'ethnie guéré, originaires de Duekoué, se sont pour leur part réfugiées à la mission catholique de la ville après avoir déserté leur village détruit lors des récents affrontements. La France a déclaré jeudi qu'elle suivait avec "beaucoup de vigilance" l'évolution de la situation.
3 ans de prison pour un militaire français |
Une peine de 3 ans de prison a été prononcée mercredi à Paris contre un militaire français de la force Licorne accusé d'avoir tué un jardinier ivoirien, en 2003 à Bouaké. Une peine de 10 ans avait été requise contre Christian Pame, jugé depuis lundi mais la cour d'assises a retenu la thèse de l'accident invoquée par la défense durant le procès. Cet Antillais de 25 ans, soldat du régiment de marche du Tchad, avait tué de plusieurs balles Basoubana Koulibali, jardinier d'une trentaine d'années, après avoir pointé sur lui "pour l'effrayer" son fusil-mitrailleur, pensant qu'il n'était pas armé et que la sécurité était enclenchée. |
(Une famille s'enfuit de Duékoué le 18 mai après des hostilités entre militaires et Dioula/AFP PHOTO/FILES/ISSOUF SANOGO)
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