Nouvelle joute Chirac-Blair sur la PAC

le 22 juin 2005 à 10h43 , mis à jour le 22 juin 2005 à 15h12

"De l'argent pour des emplois, pas pour des vaches" : c'est l'argument choc anti-PAC développé par le Premier ministre britannique dans une tribune que publie le quotidien allemand Bild. En riposte, le chef de l'Etat pointe de nouveau "l'intransigeance britannique" et affirme sa volonté de placer le social "au coeur" des politiques européennes.

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Jacques Chirac est reparti à la charge mercredi contre la Grande-Bretagne. En Conseil des ministres, il s'en est pris une nouvelle fois à "l'intransigeance britannique", responsable de "l'échec" du sommet européen de Bruxelles. Avant de réaffirmer sa vision de l'Europe, à l'opposé du modèle libéral prôné par Tony Blair, qui vise à "placer les exigences sociales au coeur de toutes les politiques européennes". Et de citer les directives sur les services et le temps de travail...

Une attaque qui n'avait rien de gratuite, à la veille du discours du Premier ministre britannique devant les députés européens où il expliquera la vision de sa future présidence de l'Union européenne. Une contre-attaque en fait, puisque Tony Blair avait lui-même rouvert les hostilités en s'attaquant à la PAC. "De l'argent de l'UE pour des emplois, pas pour des vaches" : le titre de sa tribune publiée mercredi matin dans le quotidien allemand populaire Bild est à lui seul un programme. Une charge britannique qui répondait elle-même en partie aux propos tenus mardi par Dominique de Villepin. Ce dernier, opposant la PAC et le chèque britannique, qui "n'ont rien, mais strictement rien à voir", avait qualifié le rabais dont bénéficie le Royaume-Uni "d'héritage désuet, aujourd'hui sans objet" et de "véritable dépense d'Ancien régime".

"Deux euros par jour et par vache"

La réplique de Tony Blair a été cinglante. "Nous ne voulons pas d'un budget qui continue à verser sept fois plus pour l'agriculture que pour la recherche-développement, la science, la technologie, la formation et l'innovation réunies Nous devons investir dans l'innovation et la formation " explique le Premier ministre britannique. Et lance un chiffre : il faut arrêter de "subventionner chaque vache à hauteur de deux euros par jour". "40% des dépenses vont dans la politique agricole, un secteur où travaille moins de 5% de la population. Ce budget ne rend justice ni aux besoins des citoyens ni aux défis de l'Europe" plaide-t-il.

Le locataire de Downing Street, qui a défendu avec vigueur son "rabais" au sommet de Bruxelles, souligne qu'il n'exclut pas de le rediscuter. "Le Royaume-Uni est prêt à payer plus. Mais seulement si l'argent va à des pays pauvres et non des pays riches. Et s'il est dépensé pour la bonne politique". Et martèle une nouvelle fois que son pays "a toujours payé sa contribution loyalement. Même avec le rabais, nous avons contribué deux fois et demi plus que la France et l'Italie", affirme-t-il.

"Plus qu'une zone de libre-échange"

Concernant le débat sur l'Europe sociale et l'Europe libérale, Tony Blair défend sa vision d'une l'Europe sociale. "L'UE est bien plus qu'une zone de libre échange. Les gens veulent du travail, mais ils veulent aussi la sécurité et la protection de l'environnement. Ils veulent le maintien de valeurs européennes. Ils veulent une Europe forte dans le monde. La Grande-Bretagne est pour une Europe sociale, mais ce doit être une Europe sociale qui corresponde au monde d'aujourd'hui" plaide-t-il.

"Nous devons faire face aux défis économiques provenant non seulement d'Amérique et du Japon, mais aussi de l'Inde, de la Chine et d'autres pays émergents. Sans travail et croissance, nous n'atteindrons jamais (nos) buts et nous ne pourrons pas non plus conserver notre modèle de société européen".

57% des Britanniques seraient prêts à négocier le rabais


Environ 57% des Britanniques seraient prêts à négocier le rabais dont bénéficie leur pays pour sa contribution au budget européen, selon un sondage de la chaîne d'information Sky News mercredi. Si 2% seulement des personnes interrogées seraient prêtes à renoncer complètement au "chèque", un petit tiers sont opposées à toute discussion.

A peine plus d'un Britannique sur 10 pense que le pays a tiré profit de son adhésion à l'UE,  tandis que 15% estiment que l'adhésion a "nui" au Royaume-Uni. Un sondé sur quatre (25%) souhaite que Londres quitte l'Union. L'attitude favorable de Tony Blair à l'élargissement ne paraît pas, enfin, partagée par ses concitoyens.

Photo d'archives : Tony Blair rencontrant Jacques Chirac peu avant le sommet de Bruxelles

le 22 juin 2005 à 10:43
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85 Commentaires

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  • Patrice, le 22/06/2005 à 18h14

    Quel rapport entre ce marasme et le non ? Vous croyez vraiment que Blair aurait lâché son rabais si la France avait voté oui ? Quelle mauvaise foi ! Ceci étant, je pense que la politique agricole est mauvaise. On ferait mieux de produire moins, mais de meilleure qualité et peu polluante. Ca nous permettrait en particulier de se passer de subventions sans pour autant faire de concurrence aux pays du tiers-monde.

  • Pat, le 22/06/2005 à 17h56

    Cher Vincent, LYON, peut-etre que tu raffoles du tapioca et du blé bouilli au lait de soja, mais moi je suis plutot du style a aimer un bon steak frite bien arrosé d'un bon Bordeaux, sans pour autant etre un obese! Et peut importe si je vis que 70 ans au lieu de 90! Comme ca au moins, je ferais moins cotiser les gens pour ma retraite et j'aurais profité de la vie...

  • Mojorisin, le 22/06/2005 à 17h44

    A Eric/Paris Ne vs laissez pas leurrer Eric, l'économie britannique n'est pas en si bonne forme que ça : les Britanniques ont de plus en plus de mal à faire face aux dettes accumulées ces dernières années, le niveau global de remboursement étant actuellement au plus haut depuis 1989. Plusieurs banques ont d'ailleurs fait part de leurs inquiétudes à l'égard du nombre croissant des créances douteuses. Endettement des ménages britanniques : 120% Endettement des ménages français : 60% Depuis janvier 2005, la consommation des anglais ralentie et le chomâge repart à la hausse bien plus vite que ne l'avait prévu Tony Blair. Combien le savent =>bien peu!

  • Dav, le 22/06/2005 à 16h57

    Beaucoup attribuent au libéralisme Thatchérien les mésaventures de la vache folle. Pourquoi pas. J'ai donc le droit d'attribuer au socialisme français le scandale du sang contaminé (10 fois + de victimes) Balayons devant notre porte avant de donner des leçons. Le Patriotisme, c'est aussi de savoir reconnaitre nos erreurs et les forces des autres pour qie notre pays progresse. Le Chauvinisme, c'est jouer l'autruche en se proclamant être le meilleur...

  • Maxime, le 22/06/2005 à 16h42

    Pas normal le rabais MAIS pas normal non plus qu'on subventionne les vaches à la place de la recherche contre les maladies etc!!!!! dans l'histoire c'est 50/50 pour blair et chirac! les 2 sont dans le tort!

  • Vincent, le 22/06/2005 à 16h25

    Tient encore un agriculteur malheureux qui passe avec 2 tracteurs flambant neuf environ 130000 euros, (ont est des pauvres paysan : Fernand Reynaud) Il m'a lui même avoué ne vivre qu'avec et pour les subventions européenne, le pauvre, il travaille + de 50 heures par semaine, de plus il est le seul .... Une qualité première chez un agriculteur IL SAIT SE PLAINDRE. Aujourd'hui, plus de rémouleurs, moins de cordonniers, de mineurs, pourquoi pas moins d'agriculteurs ?

  • Alfred, le 22/06/2005 à 16h03

    Que l'on renegocie un peu la PAC, ca apprendra au nos cheres agriculteurs a mordre la main qui les nourrit! Un joli plan B!!!

  • Babs, le 22/06/2005 à 16h00

    Juste une petite question de paysan auvergnat!!! l'agriculture et l'euro sont les seules activité régie par une politique commune au 25 pays européens ok! donc si demain nous souhaitons, par exemple, avoir une politique européenne intégrée de la recherche avec des chercheurs des pays de l'est plus subventionné afin de ne pas avoir de dumping social au sein de cette politique intégrée cela sera alors néfaste? car cette manne d'argent ne profitera qu'a un pourcentage infime de la population? Français réveillez vous si blair attaque l'agriculture aujourd'hui et qu'il a refusé l'euro hier c'est simplement parce qu'il ne veut pas de politique intégrée ni de pac agricole, ni d'euro, ni de critères de convergence sociale, ni de politique industrielle européenne. Alors oui, si la france des villes s'oppose à la france des champs par méconnaissance de ce qu'est réellement le poids économique indirect de ce secteur,ce sera une grande victoire de l'esprit anglo saxon européen. Blair ne veut absolument pas d'une europe puissance, il veut un vaste marché régit par les fonds de pension britanique.A vous de choisir

  • Stéph@ne, le 22/06/2005 à 15h50

    Mercie de diffuser BLAIR ets en position de force à cause des NONISTES de Gauche et d'extrème droite francais. Je suis entièrement d'accord avec lui et espère que la présidence UK sera fructueuse et fera avancer l'EUROPE

  • Laurence, le 22/06/2005 à 15h36

    Oui je connais des agriculteurs,Jeandet de Genève ,leur vie leur salaire leur retraite.Je ne souhaite pas voir leur disparition Mais simplement de les voir vivre dans des conditions autres que d'être toujours en train de faire appel aux aides, et par ma faible contribution essaie de les aider en achetant ma viande à un groupement d'agriculteurs .mais vous n'avez rien compris à mes propos.Quand je dis que si les agriculteurs avaient de quoi vivre de leur travail c'est justement parce que je sais les journées qu'ils ont et je sais parfaitement de quoi je parle contrairement à ce que vous dites.C'est parce qu'on ne leur paie pas au juste prix leur production qu'ils doivent toujours avoir recours aux subventions .Beaucoup d'entre eux le regrettent d'ailleursJe sais aussi faire la différence entre un agriculteur de la Limagne et un petit paysans dela Lozère .Les subventions ne sont pas les mèmes.Ce n'est pas aux agriculteurs que je jette la pierre mais aux institutions européennes et françaises qui les rendent dépendants de ces subventions et s'ils tendent la main c'est qu'on ne leur offre pas d'autres possibilités.Contrairement à ce que vous pensez j'ai beaucoup de respect pour eux.

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